Le Président et sa conseillère en développement durable

Un article du journal LePoint.fr du 18 mai nous apprenait que Marie-Hélène Aubert, conseillère élyséenne au développement durable et chargée du suivi des négociations internationales sur le climat, venait de démissionner. Dans l’esprit de tout un chacun, à un tel poste, on peut s’attendre à trouver un ou une scientifique de haut niveau, renommé(e) par ses publications ou les postes de directeur ou directrice de recherches qu’il ou elle aurait occupés, visionnaire sur les avancées scientifiques dans les domaines qui touchent à l’environnement et capable de guider l’action présidentielle pour l’avenir du pays. Il semble que cette définition soit révolue.

En effet, le choix du Président s’était porté vers une professeur-documentaliste, titulaire d’un CAPES de Lettres modernes et d’une licence d’anglais, complété par une seconde année de master en développement agricole ! Ces titres n’ont, certes, rien de dévalorisant et ne préjugent en rien des qualités de cette personne, mais qu’aurait-on dit si l’on confiait, par exemple, la Culture à un illettré ou la Défense à un ex-zadiste ? Ces comparaisons peuvent paraître décalées, elles sont pourtant pertinentes. Alors, pourquoi ce choix ? Marie-Hélène Aubert est en fait ex-membre d’Europe Écologie Les Verts et proche de Daniel Cohn-Bendit. Son titre de gloire est un rapport sorti en 2000, intitulé « Les OGM, pour quoi faire ? », et dont on peut deviner déjà l’objectivité et la prise en compte des intérêts scientifiques et agricoles pour la France qu’il en est ressorti.

Elle a été également rapporteuse du Protocole de Kyoto lors de sa ratification à l’Assemblée nationale. On comprend ainsi un peu mieux comment nos députés ont également ratifié à l’unanimité moins une voix, la semaine passée, le texte de la COP21. Une seule députée a osé voter contre. Je vous laisse deviner de qui il s’agit.

Ce choix présidentiel est donc révélateur, une fois de plus, du déclin de l’intérêt général au plus haut niveau de l’État, au profit de calculs politiciens, et d’une ligne de conduite qui tend à ignorer la science et ses sommités au profit de l’idéologie, alors que celle-ci est portée en étendard dans tous les choix qui sont faits, qu’il s’agisse des OGM, du climat, du nucléaire ou des vaccins.

Pour revenir à notre conseillère, rassurez-vous quant à son avenir. Elle a été recasée inspectrice générale de l’administration du développement durable. On accède habituellement au corps des inspecteurs de l’administration du développement durable par concours sur titre, et on acquiert le grade d’inspecteur général sous des conditions bien définies mais, en France, les “Lettres modernes” mènent à tout, à condition de s’engager politiquement du bon côté ! C’est ainsi que fonctionne une République exemplaire.

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