[…] Cela n’a pas commencé avec François Hollande. Sous , l’autorité de l’État n’était guère autoritaire… et on a supprimé trop de postes de policiers. […]

Le peuple policier en a assez et je l’approuve.

Depuis 2012, l’autorité de l’État est plus que défaillante et le "deux poids deux mesures" a placé la en confusion et en instabilité. […]

Pour le peuple policier, la coupe est pleine et je le comprends.

Les cités de non-droit sont des cités sans police et si elle avait le courage et la conscience d’y intervenir, au moindre incident elle serait présumée coupable. Non seulement par les fauteurs de troubles, ce qui est tristement normal, mais par les médias et leur complaisance, par les politiques et leur trop fréquente lâcheté.

Le peuple policier n’a plus confiance en ses syndicats trop prudents, trop conservateurs, confrontés à une exaspération qui leur fait peur, dépassés par le surgissement d’une révolte qui n’a plus besoin d’eux.

Le peuple policier n’en peut plus au sens propre. Il est épuisé par une multitude de tâches et de missions dont l’utilité est parfois rien moins qu’évidente.

Le Premier ministre, les ministres de l’Intérieur et de la Justice proposent des remèdes classiques – une augmentation de crédits, un renforcement des moyens, une meilleure collaboration entre justice et police – mais le cœur de la fracture n’est pas là. La matérialité y joue un rôle mais elle n’est pas l’essentiel.

Le peuple policier s’adresse crûment à une magistrature dont il dénonce trop généralement les attitudes et les pratiques. Parce qu’il confond le mépris, la condescendance, le laxisme et les aberrations de certains magistrats avec la communauté judiciaire tout entière qui sait tout ce qu’elle doit à la police et ne sous-estime pas cet affrontement constant avec un réel dur et transgressif qui est son lot pour la tranquillité et la sécurité de tous.

Le peuple policier n’a pas les mains moins propres et l’esprit moins digne que ceux de la magistrature. Ce n’est pas lui qui a installé le mur des cons !

Le peuple policier souhaite être régi par la même légitime défense que celle qui bénéficie à la gendarmerie. Avec l’absurde exigence de proportionnalité qui pèse sur lui aujourd’hui, il est soumis au risque d’être blessé ou tué sans pouvoir tenter le moindre geste pour sa sauvegarde. Mourir dans les règles ne doit pas être fatalement son destin.

Et comme les multirécidivistes doivent en effet être condamnés plus sévèrement, je crois deviner que le peuple policier, qui, n’en déplaise à Jean-Christophe Cambadélis, n’a pas besoin du FN pour exister, ne serait pas hostile au rétablissement des peines plancher. Et comment ne pas l’approuver ?

Le peuple policier en a assez de ces citoyens qui l’applaudissent le lendemain des crimes terroristes avant de le négliger, voire de le moquer, par ce trait si médiocrement français de préférer le vice et le désordre à son éradication par la vertu et l’ordre.

Le peuple policier s’est mis en branle sur un mode singulier. Assumant d’encourir le reproche de l’illégalité parce que, à force de n’être pas entendu ni soutenu par les voies normales, il n’avait plus d’autre choix.

Quand ce quinquennat aura rendu l’âme – si j’ose dire -, il conviendra de toute urgence […] d’organiser des états généraux de la sécurité avec ceux qui, de près ou de loin, sont impliqués dans le combat pour une démocratie efficace et exemplaire. Tous : police, magistrature, politiques, médias. Afin que les choses soient dites et les responsabilités établies.

Si on ne met pas tout, très vite, sur la table de la société pour un authentique débat pluraliste et ouvert, ce n’est plus une fronde que mènera le peuple policier.

Mais une révolution. Qui nous laissera seuls face à l’ennemi.

Extrait de : Le peuple policier n’en peut plus !

23 octobre 2016

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