Enfin, avec les Manifs pour tous, le peuple de droite s’est réveillé en s’appropriant les formes de l’insoumission citoyenne, de l’humour et du légalisme républicain, donnant un coup de vieux à une gauche enfermée dans son relativisme et son , confite de repentances mémorielles, avachie de misérabilisme saint-sulpicien, occupée à satisfaire tel ou tel groupe de pression, une gauche ringarde dont l’archaïsme bloque les réformes radicales dont la France a besoin.

L’épisode du mariage pour tous en a rajouté une couche dans le grotesque de nos petits bourgeois socialistes : les familles accusées d’homophobie parce que défendant dans le mariage une structure anthropologique de l’altérité sexuelle et de la filiation, s’insurgeant que l’on aille ébranler ses fondements symboliques, autant pour détourner l’attention des problèmes de l’heure que pour satisfaire une faction ultra-minoritaire et paria qui se prend à rêver de respectabilité sociale et de mariage en blanc. Si ce n’était si lamentable, dans leur tombe, Wilde, Gide ou Cocteau, Genet, Colette ou Trenet, et même Yourcenar, Mauriac et Aragon s’en étoufferaient de fou rire, à se dire que la grande écrite par des homosexuels, et les arts inspirés par eux, ont disparu aussitôt que l’homosexualité est devenue visible et qu’elle s’exhibe sans pudeur sur les médias et dans la rue.

Avec l´affaire du Syndicat de la magistrature et la ouverte aux cons de droite, apparaît un nouveau volet du grand dévoilement idéologique après que, depuis un an, nous avons vu le gouvernement faire la chasse aux riches (les 75 % de taxation patriotique et Arnaud/Depardieu qualifiés de minables), aux entreprenants (les pigeons devenus voyageurs), aux patrons (toujours fraudeurs et voyous), aux multinationales (vendues au grand capital anglo-saxon) et, pour finir, la chasse aux méchants Allemands (trop compétitifs et dominants, et incurablement meilleurs que les Français).

Nous savions l’État arbitraire, injuste, incohérent souvent. La preuve est apportée que la elle-même a ses partis pris. Car ce n’est pas tant que des juges appartenant au syndicat majoritaire exprimassent leurs opinions qui choque mais l’absence de retenue et la forme insultante vis-à-vis d’élus.

Ce mur révèle le sentiment d’impunité dans la fonction publique, ce que l’on savait déjà à travers les innombrables scandales d’État d’ordre juridictionnel, sanitaire ou financier. Les juges n’ont rien à faire de la politique pénale de la nation, des émois de l’opinion, de l’exaspération des policiers ou de la détresse de la population. Ils suivent la doxa apprise sur les bancs de l’École nationale de la magistrature et entretenue sous les lambris des ministères. Qui a eu affaire à la justice sait combien il faut jouer profil bas et plutôt appartenir à la lie de la société qu’en ses cercles gagnants, sauf à faire allégeance politique au parti du bien et à ses chiens de garde maçonniques, confessionnels, antiracistes et communautaires.

L’égalitarisme à la française, dans un pays aliéné à l’héritage de 1793, sans renier les bénéfices de la distinction, c’est d’abord ça : la détestation du succès, associée à la acharnée des privilèges pour échapper au nivellement.

14 juin 2013

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