Le Petit Larousse 2017, parrainé par l’académicien Jean d’Ormesson, paraîtra le 26 mai.

Depuis la seconde moitié du XVIIe siècle, le dictionnaire s’inscrit dans le processus de normalisation de la langue française. Par le choix des termes retenus et leurs définitions, chacun fabrique ses propres stéréotypes. Celui de Richelet (1680) codifiait les procédés de marquage de style tandis que celui de Furetière (1690) servait à composer un discours « noble et brillant » : interdits en France, ils paraîtront à l’étranger, avant la publication du premier dictionnaire de l’Académie française en 1694.

D’autres éditions verront le jour tout au long du XVIIIe siècle, et bien plus tard. Ainsi, les dictionnaires rendent compte des nouveaux usages linguistiques et datent les changements propres à l’évolution de la langue française.

L’ajout des 50 nouveaux termes du Petit Larousse 2017 paraît bien cocasse. À l’image du « novlangue » de l’Angsoc dans 1984 (George Orwell), le lexique du français moderne se simplifie cruellement. "S’ambiancer", "socialiser" ou "covoiturer" : ne peut-on donc pas fournir un minimum d’effort pour exprimer ces idées autrement et augmenter l’étendue de notre vocabulaire ? Les anglicismes de la génération Internet ne seront pas en reste avec "fanfiction", "troll", "émoticône" ou "flasher". Remarquons que "selfie", "bolos" ou "beuh", entre autres, prenaient déjà place dans l’édition 2016 du Petit Robert.

Ne nous moquons pas ! Nos pourront aisément rédiger leurs dissertations à partir d’un SMS de rupture, comme l’exige un nouveau manuel de français pour collèges.

Quant aux termes « gastronomiques », ne vous y trompez pas, ils ne rendent pas à notre tradition française mais aux exotismes les plus divers tels que "wrap" et "phô", pour citer les plus populaires.

Enfin, notons également l’ajout de l’adjectif "europhobe" et du nom "complotisme", dont la présence seule relaie les idées de notre sur la question. Les définitions fourniront probablement au citoyen les notions de bien et de mal adoptées pour penser conformément aux « valeurs de la République ».

Il convient de s’interroger sérieusement, d’une part sur le rôle du dictionnaire aujourd’hui, d’autre part sur ce que l’on entend désormais par « langue française ». De même que l’on ne vit plus dans une française mais républicaine, le langage parlé, normalisé et admis est-il encore « français » ? Certes, cela n’exclut en rien la triste constatation d’un nivellement par le bas, dans tous les domaines. Cependant, dissocier la France de son régime, c’est soutenir notre pays et protester contre ceux qui s’acharnent à le démolir.

Il faut trouver des points de en refusant d’admettre ce novlangue et en honorant, au contraire, notre héritage.

22 mai 2016

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