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Marianne vient de publier un dossier sur “Le Pen, le livre interdit” dont vous seriez l’auteur avec votre épouse. Après avoir compté les petits musulmans, fait la chasse aux kebabs et interdit le linge aux fenêtres, voilà que vous interdisez les livres, Robert Ménard ?

Pourquoi lire des romans puisque la presse en publie chaque jour ? Marianne nous en fait une nouvelle et impeccable démonstration. Ainsi donc, j’aurais “interdit” un livre… De quoi parle-t-on ? D’un livre d’entretiens avec , travail mené voici plus de trois ans par Emmanuelle Duverger, ma femme, et moi-même. Ce livre n’a jamais été fini. Je ne pouvais à la fois me consacrer à la campagne électorale de Béziers et y travailler. Mais aurait-il été achevé qu’il serait resté ma propriété. Un auteur a le droit de publier ou pas son ouvrage. En aucune manière il ne “l’interdit”. C’est grotesque. Du reste, et contrairement à ce que Marianne prétend, je n’ai jamais signé le moindre contrat pour ce livre, aussi n’ai-je pas non plus davantage “remboursé des avances”. Pourquoi autant de balivernes ? Sans doute pour donner de la consistance à un article qui, sans cela, ne racolerait pas un client.

Inachevé ou pas, Marianne publie des extraits de ce livre. Comment le journal a-t-il pu se les procurer ?

En réalité, ces “extraits” représentent bien peu de chose à l’intérieur de l’article. Et on n’y trouve rien qui n’ait déjà été lu cent fois ailleurs. Je plains ceux qui auront investi quelques euros pour découvrir de “l’interdit” sur Le Pen. Celui-ci aurait rencontré Chirac à plusieurs reprises ? La belle affaire…

Alors, comment Marianne a pu obtenir ces passages, je ne sais. La fuite vient-elle de la maison d’édition qui, depuis, a fait faillite ? En tous les cas, elle ne vient pas de Jean-Marie Le Pen puisque celui-ci n’a jamais eu les enregistrements. Il ne les a d’ailleurs jamais réclamés, ce qui est tout à son honneur. Au demeurant, hormis sur un point anecdotique, il ne nous avait demandé aucune restriction de publication quant à ses libres propos. Alors prétendre, comme le fait Marianne, que l’ex-président du FN devait signer le livre relève du fantasme le plus absolu.

Publierez-vous un jour ce livre ?

Je ne le pense pas. Trop de temps a passé. Il faudrait ajouter tant de questions et obtenir tant de réponses. Le voudrais-je, ce qui ne saurait être le cas car mon travail de maire absorbe l’essentiel de mes journées, que mes relations avec Jean-Marie Le Pen ne le permettraient pas. Il n’a guère apprécié mes récentes prises de position comme, par exemple, la nécessité de changer le nom du FN.

Un dernier mot : est-il exact que sa fille vous avait demandé de ne pas publier ce livre ?

J’ai dû en parler une fois durant deux minutes avec elle. Je ne l’ai pas sentie inquiète à ce sujet. Et elle ne m’a rien demandé. À quoi aurait-il servi, d’ailleurs, qu’elle le fasse ? Elle sait que si son père a des choses à dire, il les dira, que ce soit dans un livre signé Robert Ménard et Emmanuelle Duverger ou dans ses propres mémoires. Marine Le Pen n’a pas besoin de Marianne pour savoir que, dans son ascension vers le pouvoir, elle est une cible des médias et que son père est une arme entre leurs mains.

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