Depuis que le pape a annoncé son départ, les télévisions et les radios s’essaient à un petit exercice tout à fait divertissant : le micro-trottoir « fais ton conclave toi-même ». Puisque la décision, in fine, sera prise à huis clos par un collège élitiste de barbons mitrés, il est bien normal d’ouvrir un espace d’expression pour permettre au quidam moyen, catholique ou pas (plutôt pas d’ailleurs), d’exprimer son avis hautement intéressant sur la question.

Moi-même, si l’on avait demandé mon avis à la sortie de mon supermarché sur la nomination de tel grand mufti ou de tel grand rabbin, j’aurais sans doute eu des choses vraiment passionnantes à dire, dignes de passer au 20 heures devant une suspendue à mes lèvres, attendu que ce sont des sujets que je domine parfaitement.

De tout cela, que ressort-il ? Dressons un bref panorama : tout d’abord, le pape devra être jeune, ah, ça, c’est important. Voire sportif : Jean-Paul II l’était un peu, c’était bien. Il devra susciter la sympathie, être chaleureux quoi. Il faudra surtout, surtout qu’il soit moderne. M-o-d-e-r-n-e ! Là, je vous arrête, il y a du boulot : à ce stade, le plus simple serait presque de prendre un grand sac poubelle — allez hop, les dogmes, le catéchisme bimillénaire — et de faire quelques allers et retours à la déchetterie. S’il pouvait notamment, soyons un peu sérieux, la mettre en veilleuse avec cette histoire de virginité de Marie, il gagnerait en crédibilité. De plus, il faudra qu’il soit très, très gentil avec les femmes, et aussi avec les homosexuels (autant vous dire qu’il a spécialement intérêt à être aux petits soins avec les lesbiennes). Il devra faire amende honorable, urbi et orbi, pour le préservatif (prônant une d’amour, mais d’amour protégé et hygiéniste, comme un pape responsable).

Un signal fort de modernité serait, du reste, d’aller puiser ailleurs que dans le sempiternel vivier de cardinaux de la vieille Europe. L’idéal serait, tiens, de choisir un black. Une première. Mais allez, avouons-le, on ne bouderait quand même pas son plaisir s’il était Français, un peu comme si Miss devenait miss Monde ou que l’équipe de France de foot arrivait en finale du mondial. C’est cela, le chauvinisme bien compris.

Bon, si je résume : jeune, sportif, sympa, chaleureux, moderne, black et français...

The winner is… Yannick Noah. Habemus papam.

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13 février 2013

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