Il y a décidément des articles plus délicats à écrire que d’autres. Savoir raison garder et ne pas s’indigner hors de propos. Avec le pape François, il y a de l’hostie sur la planche.

Le successeur de Benoit XVI a donc fait le buzz en évoquant le « lobby gay » du : « C’est vrai, il existe. Il faut voir ce que nous pouvons faire. […] Dans la Curie, il y a des gens saints, vraiment. Mais il y a aussi un courant de corruption. » À l’époque du concile II, Paul VI évoquait déjà les « fumées de Satan ». Rien de neuf sous le soleil et quand on veut avoir des nouvelles fraîches, on a plus vite fait de relire les épîtres de saint Paul…

Les vaticanistes de comptoir voulaient de l’exotique et de l’extra-européen, fatigués qu’ils étaient des Italiens à répétition, du Polonais inusable et de l’Allemand un peu trop prussien à leur goût. Un pape issu de la diversité devait être le bienvenu… Mauvaise pioche. Du temps de sa jeunesse, François faisait partie d’une certaine jeunesse : les jeunesses péronistes. Il aurait probablement pu faire sienne cette phrase de Dom Hélder Câmara, évêque brésilien et figure historique de la théologie de la libération, opportunément rappelée sur ce site par notre confrère Alain de Benoist : « Quand je défends les pauvres, on m’applaudit, mais quand je demande pourquoi ils sont pauvres, on me traite de communiste ! »

Bref, le nouveau patron du vient de tirer la nappe en plein banquet, faisant voler vaisselle, étiquette et convenances, fustigeant au passage ces « vieilles congrégations sans vocation, peut-être parce que leur mission dans l’Église est terminée, qui restent accrochées à leurs bâtiments et à leur argent ». Ça, c’est un coup de règle sur les doigts des « traditionalistes », permettant d’équilibrer celui donné sur ceux des « progressistes ».

Il y aurait donc un « lobby gay » au Vatican… La belle affaire ! Il y en a bien un en politique, dans le monde des affaires, des restaurateurs, des attachés de presse et même des toiletteurs pour chihuahuas. Alors, au Vatican…

Ce qui, en revanche, promet d’être croquignolet, ce seront les réactions médiatiques. Comment, en effet, accuser l’église catholique d’être rétrograde sur la question du mariage homosexuel tout en réchauffant en son sein un réseau d’homosexuels, pourtant d’autant plus prévisibles qu’ils préfèrent la robe au pantalon ? Entre deux attaques, il va falloir choisir.

Plus sérieusement, et tant qu’à donner dans le grand nettoyage de printemps, François aimerait mener à bien le grand œuvre devant lequel Benoit XVI avait fini par reculer, à savoir ces finances vaticanes dont l’histoire a été jonchée de meurtres et de scandales. « Saint Pierre n’avait pas de compte en banque », affirme-t-il ainsi. Ce n’est pas faux. Et il n’est pas forcément un hasard que ce nouveau pape ait choisi de s’appeler François, comme un autre François, saint François d’Assise, le saint des pauvres.

Bref, un jésuite au Vatican, on ne sait pas trop bien à quoi cela aboutira ; une chose est néanmoins probable : ce pontificat s’annonce rock and roll. Et à côté, les Rolling Stones feront figure de Petits Chanteurs à la Croix de Bois.

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12 juin 2013

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