La Cour de cassation vient de casser l’étrange jugement qui condamnait le trader Jérôme Kerviel à débourser 4,9 milliards d’euros, outre les trois ans de prison qu’il devra faire. Ces presque 5 milliards sont le montant des dommages que la Société générale avait soi-même, en toute modestie et objectivité, estimé avoir subi à la suite des activités contestées de son trader.

L’arrêt de notre cour suprême est rendu dans un climat général où l’on commence à penser que les banques et les financiers mondialisés n’émettent pas une sorte de jugement de Dieu, que leurs avis sont loin d’être parole d’Évangile. Bref, l’infaillibilité bancaire n’est pas de ce monde. Peut-être d’ailleurs que le trader Kerviel, marcheur sac au dos entre Rome et , et qui a rencontré le pape avant son départ, réfléchit-il à ce climat, afin de se préparer au procès de la Société générale elle-même, qui n’a pas eu lieu, et qui devra avoir lieu.

L’arrêt de la Cour de cassation est, en effet, une gifle pour la banque : vos 4,9 milliards ne sont pas sérieux, faut qu’on en recause. Et on va donc en recauser. Il n’a échappé à personne, sauf aux big boss de la Société générale, qu’un trader dans un coin d’ordinateur ne pouvait pas, seul, sans contrôle, sans bénédiction hiérarchique, sans la culture du système lui-même, engager la banque pour une somme frôlant les 5 milliards. Les marionnettes de la World Company ricanent sans doute cyniquement sur Canal+ !

L’arrêt de la Cour est donc une invite à un grand examen des pratiques bancaires. Car, depuis le déclenchement de l’affaire Kerviel, les mœurs du monde « tout financier » ont-elles évolué ?

La grande plainte des PME et de tous les entrepreneurs, face à la frilosité des banques qui répugnent à soutenir idées, recherche, risques, tend à prouver l’inverse. Quant au bilan super maigrichon de la Banque publique d’investissement, il démontre hélas que les mœurs bancaires dominantes et celles de la nomenklatura d’État tournent le dos à la croissance et au développement.

Faut-il refaire aux peuples le coup du siège de Sébastopol (1854-55) pour stimuler la production de richesses et relancer l’économie mondiale ?

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