Discours - Editoriaux - Histoire - 12 février 2013

Le pape est le pape, nom d’un pape !

J’aime bien Benoît XVI. Le fait qu’il porte un joli prénom n’est pour rien (sauf, bien sûr, si mon psy me dit le contraire) dans cette affection. J’aime bien qu’il soit allemand : l’Allemagne a été capable du pire et du meilleur et, avec lui, elle nous a donné le meilleur. Pareillement, j’ai aimé son prédécesseur, Jean-Paul II : Karol Wojtyla était le fils d’un petit pays, la Pologne, grand par ses hommes et par son histoire.

J’aime bien chez Benoît XVI tout ce qui lui est reproché : son discours de Ratisbonne sur l’islam, son côté conservateur, son intransigeance sur quelques principes fondamentaux propres à l’Église catholique. J’aime bien chez Benoît XVI le fait qu’il soit catholique, simplement catholique. Ah, il était hostile à l’avortement ? Et alors, personne n’est obligé d’être catholique. Ah, il s’opposait farouchement au mariage des prêtres ? Et alors, tout catholique pensant autrement est libre de se faire protestant. Ah, il s’était réconcilié avec les tenants de Mgr Lefebvre ? Et alors, en quoi la messe en latin serait-elle laide ?

J’aime bien Benoît XVI parce qu’il a été pape. Je ne suis pas catholique comme l’était Maurice Clavel, un imprécateur de talent. Il écrivit un jour un petit livre formidable et au titre sulfureux : Dieu est Dieu, nom de Dieu ! Timidement, j’aimerais le paraphraser : « Le pape est le pape, nom d’un pape ! »

J’aime bien Benoît XVI pour sa façon de tirer le rideau. Il a usé de la plus grande et plus belle liberté qui soit accordée à un homme. Celle de choisir la fin de sa route. Tout bien pesé. Tout bien réfléchi. Il est parti parce que ne se sentant plus en mesure d’accomplir sa tâche.

Et c’est ainsi que Joseph Ratzinger, pour quelque temps encore Benoît XVI, a redonné toute leur noblesse à des mots oubliés : dignité et humilité. Qu’il en soit remercié.

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