Est-il coupable ? Innocent ? Nous y verrons peut-être plus clair, une fois l’incandescence des passions militantes retombées. On sait, seulement, que tarde à produire des preuves de l’activité parlementaire frénétique de sa femme. Comme il tarde à démontrer que cette charge de travail harassante justifie une rétribution de 7.900 euros par mois (dernière rétribution). Par le contribuable. Comme il tarde à porter plainte contre Le Canard enchaîné pour « l’odieuse campagne de diffamation » dont il est victime.

Mais tout cela ne prouve rien, n’est-ce pas ? Présomption d’innocence, pas vrai ? Oui, c’est cela : pas de conclusion hâtive. D’ailleurs, même Sherlock Holmes resterait perplexe devant un cas si complexe. Sa perspicacité s’avérerait impuissante à résoudre l’énigme que constitue la défense pour le moins évasive du candidat de la vérité et de la transparence.

Dans ces affaires d’emplois fictifs présumés, la culpabilité du candidat de l’honnêteté restera donc un épais mystère. En revanche, il est un emploi fictif que François Fillon a occupé de manière certaine, et ce, pendant cinq ans : celui de Premier ministre.

Qu’y a-t-il, en effet, de plus fictif que l’emploi de Premier ministre, depuis que nos « représentants » ont transformé la France en une province de l’Empire européiste ? Qu’y a-t-il de plus fictif, depuis que Fillon et ses petits potes du Parlement ont, par le traité de Lisbonne, achevé de transférer nos dernières souverainetés aux dictateurs euromaniaques ? Qu’y a-t-il de plus fictif depuis que nos « dirigeants » sont devenus de dociles toutous de la lobbycratie bruxelloise ?

C’est là, en vérité, que réside la vraie culpabilité de Fillon. Et plus généralement dans son bilan désastreux quand il était au « pouvoir » — c’est-à-dire un servile exécutant des injonctions de l’oligarchie bruxelloise. 200.000 immigrés par an. 600 milliards d’euros de dette supplémentaire. Fillon, donc, l’homme de la droite dure… et le talentueux gestionnaire…

C’est, enfin, son programme qui accable Fillon. Les incohérences qu’il contient ; la duplicité qu’il révèle. Fillon le conservateur, le défenseur des valeurs, qui entend maintenir le mariage et l’adoption simple pour les couples homosexuels (ce qui est excellent pour les enfants, et pour la défense de la famille traditionnelle). Fillon le catholique, qui propose un programme économique et social d’une dureté inouïe envers les plus fragiles. Fillon le gaulliste, qui pense que “c’est un leurre et une démagogie sans nom que de prétendre rétablir les frontières nationales”. Fillon le candidat de la lucidité, dont le porte-parole Benoist Apparu estime que “le lien entre politique migratoire et attentats n’a jamais été établi”. Fillon qui fustige l’assistanat, mais semble avoir un faible pour l’assistanat fictif. Ces incohérences, qui confinent à l’imposture, culminent dans le cadeau qu’il a fait, à la bobo lugubre NKM, de sa propre circonscription. Cette tromperie de son électorat, quelques semaines après sa victoire à la primaire, confirme le double discours de Fillon et sa connivence avec les élites immigrationnistes, communautaristes, libérales et libertaires — bref, mondialistes.

Cette trahison en annonçait bien d’autres, sur le modèle de Sarkozy. Les défenseurs fanatiques de Fillon devraient donc remercier la personne qui a fait fuiter ces « affaires » : elle leur a évité cinq nouvelles années de renoncements et de trahisons. Car il n’y a plus qu’une promesse que Fillon aura l’occasion de trahir : ce défenseur de la retraite à 65 ans est bien parti pour expérimenter la retraite à 62 ans.

7 février 2017