Agriculture - Culture - Editoriaux - Presse - Table - 10 août 2016

Le jour du dépassement : on nous trompe !

Alors que, la semaine dernière, différents journaux de la presse subventionnée par l’État nous parlaient de l’année la plus chaude, cette semaine, une partie de ces mêmes journaux et JT se délecte, comme chaque année et sans aucun discernement, du message diffusé par l’ONG écologiste Global Footprint Network : depuis le 8 août, nous aurions dépassé la capacité de la planète, telle que calculée par cette ONG, à subvenir à nos besoins.

Cette idée de l’épuisement progressif des ressources dû à la surpopulation n’est pas nouvelle. C’est un thème développé notamment par le biologiste américain nommé Paul R. Ehrlich dans son livre sorti en 1968 : La bombe P. Tout au long de sa carrière, il fera des prévisions catastrophistes qui s’avéreront toutes erronées, comme celles sur la hausse inéluctable du prix des matières premières, la population de Calcutta ou la vie dans les océans qui, pour lui (en 1970), aurait disparu dans dix ans. Cependant, il fut l’un des théoriciens du Club de Rome. Ses théories ont fait des émules et elles continuent d’être propagées dans la presse, sans aucune remise en cause.

Et pourtant, des études sérieuses prouvent, par exemple, que la surface mondiale des forêts a augmenté d’environ 2 % depuis 1990. Selon la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture), la production de fruits et de légumes a presque doublé entre 1960 et 2015, le nombre de personnes souffrant de la faim diminue presque constamment (elles étaient plus d’un milliard en 1992 ; ce chiffre est tombé à 800 millions en 2015), la quantité de nourriture par habitant dans le monde et l’adéquation de l’offre alimentaire sont en augmentation.

Alors, pourquoi un tel alarmisme ? D’une part, l’indice calculé par cet ONG est plus que contestable, car il ne tient pas compte, entre autres, des innovations qui font progresser toutes les productions. Nous consommons plus, mais nous savons aussi produire plus. Ensuite, il mélange allègrement gaz à effet de serre, destruction des forêts tropicales ou rendement du maïs pour chiffrer ce qui est appelé “l’empreinte écologique”.

D’autre part, l’accent est mis sur “l’empreinte carbone”, qui représente actuellement pour eux 60 % de l’empreinte écologique. L’empreinte carbone représente l’excès de gaz carbonique (CO2) que nous sommes censés produire par rapport à ce que la planète peut absorber.

Or, à l’heure actuelle, on ne sait pas bien quantifier les sources et les puits naturels de CO2. On ne peut donc pas nous imputer avec certitude l’augmentation de son taux. De plus, il a été prouvé que cette augmentation (bien réelle) entraîne un verdissement de la Terre et une augmentation de la productivité des plantes, ce qui va évidemment à l’encontre des idées de décroissance et de surpopulation chères à Ehrlich et à ses successeurs écologistes.

Enfin, parler de l’empreinte carbone permet également à nos journalistes de parler de la COP21, et cela n’est pas uniquement bon pour la planète !

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