En juin 2021, Netflix a mis en ligne une série en six épisodes intitulée : Le Parcours des tyrans ». Il s’agit de présenter un « manuel » théorique utilisé par les pires tyrans de l’Histoire pour acquérir un pouvoir considérable. Sept tyrans ont été choisis pour illustrer le propos : Adolf Hitler, Amin Dada, Saddam Hussein, Muammar Kadhafi , Joseph Staline et les membres de la dynastie Kim en Corée du Nord.

Ce guide du tyran est fascinant et terrifiant par ce qu’il nous enseigne des répétitions tragiques de l’histoire des peuples, confrontés à des prises de pouvoir tyranniques. Il pourrait nous servir pour comprendre de quelle façon la tentation totalitaire peut parfois resurgir dans les contextes de crise sociale ou politique majeure.

Arrêtons-nous sur la définition du mot « tyran » : est-ce un dirigeant cruel et oppressif ? Non. La tyrannie, c’est « la gouvernance de ceux qui veulent des résultats ». Cette notion couvre alors une palette assez large de moyens dans l’art de gouverner.

Dans l’histoire humaine, il faut mesurer que la liberté n’est pas la norme, parce qu’une partie du peuple aime être dirigée, surtout en cas de crise. L’opinion a besoin de savoir qu’elle peut se raccrocher à quelqu’un qui dit être en mesure de régler tous les problèmes, et ce, même si cela aboutit en réalité à la pire servitude qui soit.

Mais le tyran a plus d’un tour dans son sac. Il est non seulement l’homme providentiel, mais aussi celui qui conduit son peuple vers son accomplissement et sa grandeur. Il résout la crise et vend du rêve, le rêve d’une société de paix et de prospérité pour tous. Pour cela, il doit remodeler une société tout entière, quitte à piétiner pour cela quelques obstacles, mineurs à ses yeux, comme la liberté et la vérité.

Pour un tyran, la vérité est souvent gênante, c’est pourquoi le plus souvent elle est travestie, maquillée ou réprimée. Les assassinats sont maquillés en accidents. Quant aux persécutions, aux exécutions sommaires, elles ne revêtent qu’un caractère purement bureaucratique. Elles ne comptent pas dans l’économie réelle du pays et n’entravent pas la marche du peuple vers son bonheur souverain.

Tous les tyrans de la série cochent les étapes clés du manuel :
– ils s’emparent du pouvoir par la manipulation, la séduction, la patience ou la force ;
– ils écrasent leurs rivaux pour se maintenir au pouvoir ;
– ils achètent la loyauté, se montrent proches du peuple ;
– ils font régner la terreur pour garder le contrôle de la population ;
– ils contrôlent la vérité et la liberté d’expression (manipulation de l’information, répression des opinions contraires, propagande et censure) ;
– ils désignent un bouc émissaire ;
– ils créent une nouvelle société (restreignant les libertés civiles ne cadrant pas avec le nouveau projet de société visé).

Des tyrans, il y en a de tout poil, de tout gabarit : du tyran sanguinaire au tyranneau de village en passant par le petit chef tyrannique. Ce qui est intéressant, c’est que tous les tyrans usent quasiment des mêmes modes opératoires. Tout est, après, question de degré.

Bien évidemment, il n’est pas question de comparer Emmanuel Macron aux tyrans qui ont marqué l’Histoire. Bien évidemment, il est aussi tout à fait hors de propos de croire qu’Emmanuel Macron a usé de séduction et de manipulation pour s’emparer du pouvoir, hors de propos également de croire qu’il veut régner sur l’information et contrôler les réseaux sociaux, hors de propos encore de croire qu’il veut censurer la liberté en imposant la vaccination obligatoire pour l’accès aux biens essentiels, ou prendre les Français à la gorge en leur vendant le passeport « santé à zéro risque », tout en les menaçant de l’autre côté de perte d’emploi, procès, amendes et peines de prison.

Comme il le disait récemment au sujet des opposants au passe sanitaire : « La liberté ne se conjugue pas au singulier. » Plus de liberté individuelle, donc, mais une grande marche forcée destinée à permettre le bien de tous. Ca ne vous rappelle rien ?

Soyons donc réconfortés de marcher tous ensemble vers la nouvelle société sans risque sanitaire.

 

 

 

6 septembre 2021

BVoltaire.fr vous offre la possibilité de réagir à ses articles (excepté les brèves) sur une période de 5 jours. Toutefois, nous vous demandons de respecter certaines règles :

  • Pas de commentaires excessifs, inutiles ou hors-sujet (publicité ou autres).
  • Pas de commentaires insultants. La critique doit obéir aux règles de la courtoisie.
  • Pas de commentaires en majuscule.
  • L’utilisation excessive de ponctuations comme les points d’exclamation ou les points de suspension rendent la lecture difficile pour les autres utilisateurs, merci de ne pas en abuser !

Vous pouvez désormais commenter directement sur Boulevard Voltaire :

Pas encore de compte, inscrivez-vous gratuitement sur bvoltaire.fr

La possibilité d'ajouter de nouveaux commentaires a été désactivée.