« Nous sommes en guerre », a dit , suivi peu après par la reine d’. Les distances protocolaires, en ce temps de distanciation sociale, ont dû être millimétrées. Il ne fallait sûrement pas que la reine suive le Président de trop près. Il eût été encore pire qu’Emmanuel paraisse courir derrière Élisabeth, on a très vite fait de faire jaser. Cependant, trêve de plaisanteries, la souveraine n’a probablement pas eu plus de retard à l’allumage que notre Président, et le léger retard de l’épidémie outre-Manche, comme celui que nous avons sur l’Italie, suffit à expliquer le délai de son allocution historique.

Les panneaux électoraux qui ornent encore au moins mon quartier remémorent les récentes élections et les nouveaux chocolats du supermarché voisin sont presque les seuls à rappeler que le temps de la chasse aux œufs arrive. L’association des idées de guerre, chasse et élections me rappelle la parole d’un illustre confrère : « On ne ment jamais tant qu’avant les élections, pendant la guerre et après la chasse. » « Après la chasse », c’est un peu tôt pour le constater cette année. Mais avant les élections on a eu de beaux exemples, comme le mensonge de l’inutilité des masques.

Comme le remarquait Georges Clemenceau, il est aisé de mentir en temps de guerre. Pourrait-on imaginer que certains prononcent une déclaration martiale pour mieux masquer leurs mensonges et incapacités ? En tout cas, l’état de guerre est bien vivable pour notre exécutif. C’est le personnel de santé qui restera en première ligne. À l’arrière, l’heure ne doit pas être à la critique mais à l’union qui fait la force : « C’est la guerre , on verra plus tard ! »

Celui qui a permis à la France de gagner la guerre de 1914 avait aussi déclaré : « Il est plus facile de faire la guerre que la paix. » Emmanuel Macron ne l’ignorait pas en déclarant l’état de guerre au coronavirus et en promettant récompenses aux soignants. Ces dernières pourront rester un vœu pieux, au simple prétexte d’une nouvelle guerre, économique par exemple. La crise économique aura bon dos et ne sera, bien sûr, que la faute du maudit virus.

N’oublions pas qu’avant la déclaration martiale de mars 2020, nous étions en théorie déjà en guerre. Une vraie guerre, avec un ennemi qui peut tous nous asservir et un risque de perdre.

On peut estimer notre effort de guerre en comparant les conflits. Il y a un siècle, Clemenceau déclarait : « Politique intérieure, je fais la guerre, politique extérieure, je fais la guerre. Je fais la guerre. » Mais Macron et Hollande « en guerre » font « en même temps » l’un le « mariage pour tous », l’autre la « PMA pour toutes », en attendant le progrès de la pour « toutes et tous » ! Nous nous disons en guerre depuis des années contre l’islamisme, mais faisons-nous vraiment la guerre ? N’attendons-nous pas seulement sa fin comme on attend, sans avoir de traitement curatif, la fin naturelle d’une épidémie ?L’attaque de Romans-sur-Isère du 4 avril est quasiment passée aux oubliettes de nos télévisions, le lundi suivant. Pourtant, elle nous rappelle quelle est la véritable guerre du pays, celle qu’il faut gagner activement et à tout prix.

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