Culture - Economie - Editoriaux - Politique - Société - 4 octobre 2016

Le gouvernement s’attaque au trou de l’UNEDIC. Vraiment ?

Le statu quo ne peut plus durer pour l’UNEDIC. Son déficit cumulé tutoie les 32 milliards d’euros : autant que les cotisations récoltées pendant un an. L’organisme perd 3,7 milliards par an. Mais il encaisse 1,6 milliard de plus qu’il ne verse aux chômeurs. Le déficit provient du financement de l’inefficace Pôle emploi (3,6 milliards pour un résultat fort médiocre) et du remboursement des intérêts de la dette (heureusement, les taux sont bas !). Et au-delà de l’UNEDIC, l’État cherche des fonds pour financer les 500.000 formations (en partie bidon) qu’a promises M. Hollande (qui espère, grâce à cette mesure, se faire réélire).

On espérait que les comptes s’équilibreraient tout seuls grâce à une baisse substantielle du nombre de chômeurs indemnisés. Mais les chiffres catastrophiques du mois d’août et les perspectives peu engageantes pour 2017 ont douché cette vaine espérance. Il faut faire quelque chose, et vite !

Les négociations entre le patronat et les syndicats ont échoué en février et les partenaires sociaux ont refilé le bébé au gouvernement. Selon Le Parisien, le pouvoir projetait de s’attaquer aux hauts salaires en déplafonnant les salaires et de taxer la part salariale au-dessus de 12.872 €. On aurait ainsi prélevé 550 millions d’euros sur les entreprises et 250 millions sur les Français les mieux rémunérés (déjà mis à mal par la hausse vertigineuse des impôts). En plein Brexit, alors qu’on espérait attirer les traders à Paris, cela aurait nui à l’attractivité de la France. M. Valls vient de démentir. Sans doute a-t-il lancé un ballon d’essai et a-t-il reculé devant les réactions négatives…

On envisagerait, paraît-il, maintenant, de taxer les CDD. On ferait alors d’une pierre deux coups : renflouer l’UNEDIC et amadouer la CGT si critique, puisqu’elle réclamait cette mesure à hauts cris en février 2016. Le Premier ministre parle aussi de faire participer à l’effort les bénéficiaires de l’UNEDIC. On ignore sous quelle forme. Je doute qu’il aille très loin. Les syndicats ne le permettront pas. Le geste restera symbolique. Les entreprises supporteront l’essentiel de l’effort.

Sur les charges, le gouvernement fait un pas en avant (le CICE), un pas en arrière (hausse des cotisations UNEDIC, versement anticipé de l’impôt sur les sociétés). Sa politique est inspirée par le sapeur Camember (une BD de la fin du XIXe siècle où un troufion bouchait le soir les trous faits le matin).

Rappelons, enfin, la ponction réalisée par les intermittents sur l’UNEDIC (1 milliard). On peut trouver légitime ce régime et le voir, comme le fait la gauche, comme un soutien à la culture ; en revanche, il est inadmissible que son financement provienne des poches des ouvriers et des employés. L’État, qui n’impose pas aux sociétés de production d’avoir recours à des CDI, devrait prendre ses responsabilités et compenser intégralement ce déficit. On estime qu’il suffirait d’augmenter les ressources de l’UNEDIC de 800 millions pour équilibrer les comptes. Ils sont tout trouvés !

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