Culture - Discours - Editoriaux - Histoire - Religion - 24 juillet 2016

Le discours de Ratisbonne de Benoît XVI plus actuel que jamais

Il y a un aspect tragique dans notre confrontation avec les fondamentalistes islamiques. Notre détermination à entretenir le combat est l’objectif de l’ennemi. D’où le fatalisme qui envahit certains d’entre nous pour qui l’issue ne peut qu’être dramatique ; et en corollaire l’annonce de la guerre civile, chacun se résignant à se défendre plutôt qu’à attendre de l’État qu’il le fasse. En même temps, nous avons sacrifié notre identité au profit de principes trop généraux et non civilisateurs, sur l’autel de la lutte contre les discriminations, ainsi que l’exprime Alain Finkielkraut !

Dans son discours de Ratisbonne (dont je pense qu’il ne serait pas critiqué aujourd’hui comme il le fut à l’époque), Benoît XVI insistait sur le fait que l’esprit moderne est profondément marqué par la déshellénisation du christianisme, c’est-à-dire le rejet de la synthèse réalisée grâce à des docteurs de l’Église comme saint Augustin ou saint Thomas d’Aquin entre le christianisme et la raison grecque, le logos, en ce qu’il signifie à la fois la raison et la parole ; cette rencontre unique dans l’Histoire entre le message biblique et la pensée grecque dont saint Paul fut l’initiateur.

De l’avis unanime, les soldats du djihadisme sont victimes d’un lavage de cerveau. Ils ont perdu la raison pour se soumettre à la folie des hommes, entretenue par la volonté folle et suicidaire de soi-disant répondre à l’appel d’Allah. Tant qu’on ne leur aura pas rendu la raison, à eux et à leurs leaders, tant qu’on ne les aura pas convaincus d’accepter de se soumettre au pouvoir de la raison, dans le domaine spirituel, nous ne pourrons pas sortir de ce cercle infernal, pervers, sanguinaire et diabolique !

Impossible ? Il n’y a pas d’autre solution… Le problème est qu’à coups de nihilisme, d’horizontalité, de subjectivisme, nous avons perdu la raison, nous aussi. Car comme l’analyse Benoît XVI dans son discours, la conscience subjective devient l’unique instance éthique de chaque citoyen. “L’éthique et la religion perdent leur force de construction d’une communauté et tombent dans le seul arbitraire.” Cet état d’esprit est marqué par une “exclusion du divin de l’universalité de la raison qui est un outrage aux convictions les plus intimes des cultures profondément religieuses du monde. […] Une raison qui reste sourde au divin et qui repousse la religion dans le domaine des sous-cultures est inapte au dialogue des cultures.”

Nous avons choisi la voie de l’arbitraire. Comme la religiosité islamiste. Arbitraire de ce Dieu dont les voies sont impénétrables, isolé des hommes et de leur entendement par sa transcendance.

Face aux islamistes qui rejettent la raison et promeuvent un prosélytisme violent et sanguinaire, nous rejetons toute forme de prosélytisme et toute structuration sociale susceptibles d’avoir un impact sur la spiritualité et la pratique religieuse. Nous nous lavons les mains comme Ponce Pilate au moment où la croix se profile pour sauver le monde.

Il est temps de faire notre « coming out » spirituel, de sortir des nimbes du modernisme et de l’isolement de notre subjectivisme, de renouer avec la tradition de l’humanisme chrétien, d’affronter la question divine et spirituelle afin de répondre aux questions de toujours et de provoquer l’islam et ses fous sur le seul terrain qu’ils craignent : celui de la foi et de son inculturation par la raison. À défaut, ils continueront de nous provoquer et de nous détruire sans que rien ne puisse les arrêter !

L’alternative est simple et fondamentale : la raison ou la violence.

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