Discours - Editoriaux - Histoire - Société - 12 janvier 2015

Le deuxième choc

Les récents événements meurtriers ont été un choc pour tout le monde. De plus ou moins grande intensité, mais pour pratiquement tout le monde. D’abord, les événement eux-mêmes : un attentat au fusil d’assaut avec douze morts innocents au beau milieu de Paris, plus d’autres événements tragiques – prise d’otages et meurtres. Certains se sont arrêtés là, mais pour d’autres, un deuxième choc a eu lieu : le refus catégorique de tirer les moindres conclusions du drame.

Que des journalistes et politiciens (ce qui est maintenant la même chose), ceux qu’on appellera les « officiels » du système, osent, avec un culot inouï, ressasser que “cela n’a rien à voir avec l’islam”, que “les premières victimes sont les musulmans”, que “ce sont les même intégristes que les catholiques” et que finalement, comme le dit Libération, “les responsables sont d’abord Zemmour et Marine Le Pen” pour peut-être bientôt nous sortir que “ce sont des catholiques proches des idées du FN qui ont tiré” (ce qu’ils avaient commencé à faire pour les derniers attentats), on ne s’étonne plus trop. L’imposture est la condition de leur prestige, la mauvaise foi celle de leur succès, le mensonge est la pierre angulaire de leur pouvoir.

Mais là où on est proprement sidéré, c’est de voir des gens ordinaires, des amis ou connaissances reprendre comme de dociles caisses de résonance ce discours d’abrutis, répéter la formule magique consacrée “padamalgam”, réciter en se balançant d’avant en arrière et les mains sur les tempes le manifeste du Parti Vivrensembliste : “L’histoire de toute société jusqu’à nos jours n’a été que l’histoire de la lutte des gentils modérés démocrates contre les méchants nauséabonds intégristes, surtout les catholiques.”

Ces gens, nous les connaissons, nous les apprécions, nous les estimons ; devant eux se dresse un panneaux lumineux grand comme celui d’Hollywood avec marqué ISLAMISME. Aucune réaction, ils ne voient rien, leur regard traverse l’obstacle comme s’il eût été de l’air. Le pire est que cet aveuglement volontaire est tellement absurde, si insensé, presque dément, qu’on n’arrive nous-mêmes pas à y croire. Nous ne pouvons pas accepter, nous refusons de voir qu’ils ne voient pas, parce que c’est impossible qu’ils ne voient pas, c’est juste là ! C’est paradoxalement cet aspect irréel de la chose qui alimente en nous une éternelle lueur d’espoir : ils ne peuvent qu’être sous l’empire de quelque hypnose, il vont se réveiller si on les secoue assez fort, ils vont se libérer de l’illusion dont ils sont captifs !

Mais il faut nous rendre à l’évidence : oui, ils sont sous hypnose, en théorie ils suffirait de les réveiller. Le problème, c’est qu’ils sont leur propre charmeur. À peine ouvriront-ils les yeux qu’ils seront à nouveaux envoûtés. C’est comme une drogue ! C’est une drogue, le mensonge est devenu vital à leur organisme mental. Ce n’est pas d’intelligence qu’il s’agit mais de volonté et d’amour de la vérité : leur cerveau imbibé de rêves et de miel n’a plus la force d’affronter un monde hostile et cherche désespérément à lui échapper. Faisons le deuil de nos espoirs : à l’heure qu’il est, s’ils avaient la capacité de voir, ils verraient déjà.

Bien sûr que les musulmans ne sont pas tous personnellement responsables, comme les communistes n’étaient pas tous responsables des attentats perpétrés dans toute l’Europe. Sauf que les bolcheviks ont fini par prendre le pouvoir et, soixante ans plus tard, le décompte des morts passait à cent millions. Mais peut-être était-ce déjà là l’œuvre d’Éric Zemmour.

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