Editoriaux - International - Société - 19 octobre 2019

Le courage kurde face à l’impuissance française : l’islam conquérant

Mardi 15 octobre, au soir, se déroulait, au théâtre du Gymnase à Paris, une soirée intitulée : « Soutenons nos alliés kurdes ». Durant trois heures, différentes tables rondes se sont succédé avec plus d’une vingtaine de personnalités pour tenter de faire prendre conscience que les Kurdes sont aujourd’hui dans une situation dramatique et que cela pourrait bien avoir des conséquences pour nous.

Tout le spectre politique était présent : de Florian Coquerel (LFI) à Bruno Retailleau (LR) en passant par Esther Benbassa (EELV), Anne Hidalgo (PS) et Jean-Paul Lecoq (PCF), à l’exception notable du Rassemblement national.

Une soirée de soutien qui craint une tragédie programmée

Les multiples interventions de la soirée convergeaient toutes vers le même point : il faut agir maintenant, ou nous allons le regretter. Les propositions étaient multiples : sortir la Turquie de l’OTAN, demander une zone de non-survol à la communauté internationale, exercer une pression économique à l’échelle européenne. Il est légitime de se demander dans quel cadre la France peut agir, et si désormais son action est conditionnée à une action internationale. Il a été dit et répété que la France ne peut agir seule. Ainsi, devant cette barbarie, devant ces crimes de guerre, devant ces tirs sur des hôpitaux ou des convois de journalistes, la France est condamnée à attendre ses « alliés occidentaux » pour agir.

La grande hypocrisie

Toutefois, cette levée de boucliers contre la Turquie est récente. Personne n’a rien dit quand l’Union européenne a signé un chèque de trois milliards à la Turquie pour qu’elle garde les réfugiés dans des camps sur son territoire, jouant ainsi avec des vies humaines.
Personne n’a rien dit quand les liens entre la Turquie et l’État islamique ont été avérés.
Personne n’a rien dit quand Erdoğan s’est adressé directement aux Européens musulmans : « J’en appelle à mes frères et sœurs en Europe. Ne faites pas trois, mais cinq enfants, car vous êtes l’avenir de l’Europe. »

Pire encore, notre élite politique encourage par ailleurs cette islamisation de la société. Il suffit, par exemple, pour cela de se rappeler le tweet de Benoît Hamon, fier de manger un kebab à Béziers.

Il n’est pas possible de s’indigner de l’impérialisme turc en Syrie si l’on accepte l’impérialisme islamique, certes plus latent et plus lent, de notre société française. Les valeurs de M. Erdoğan, soutenu par les Turcs en France, comme le montrent les images offensantes du match de lundi soir, ne sont pas celles de la France, il nous faut les refuser à l’échelle internationale, mais aussi à l’intérieur de notre société française.

Jean-Michel Blanquer rappelle que « le voile n’est pas souhaitable dans notre société », mais il faut aussi prendre conscience que ce voile est très souvent un moyen d’expression politique, et pas uniquement le respect d’une conviction religieuse.

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