Le restaurateur Renato Bartolone a été décoré jeudi dernier par son propre frère qui, pour l’occasion, organisa une réception à l’Assemblée nationale. En effet, il y a quatre mois, le plus jeune des Bartolone était nommé chevalier de l’ordre national du Mérite. Le restaurateur et frère du président de l’Assemblée nationale a, en grande pompe, reçu sa médaille lors d’une réception le 10 mars à 18 heures sous les lambris des somptueux salons de la présidence du palais Bourbon, confirmant ainsi une information du Canard enchaîné.

Cette médaille honore les “34 ans de service” du patron du “Marco Polo”, elle a été prise sur le quota du ministre de l’Économie, . Ne criez surtout pas au passe-droit car ses “raviolis alla crema tartufata” sont, parait-il, divins. Ne voyez pas non plus une allusion aux hommes politiques de gauche dans le mot “Tartufata”, il ne s’agit que de la truffe blanche d’Alba. Certes, de nombreuses huiles du Parti socialiste viennent y manger, mais Renato, modestement, l’huile, il préfère la servir sur les pâtes dans l’assiette ; pas de gamelle, chez lui ; trop stylé, sa trattoria.

Tout irait donc pour le mieux si quelques interrogations sous forme de poil à gratter ne venaient ternir cette ambiance “sicilienne”.

L’aîné a mis à disposition du cadet son argent pour acquérir le “Marco Polo”, se retrouvant ainsi propriétaire de la moitié de l’établissement. “C’est le moment où mon frère, peu concerné par les études, arrêta de faire la java et se mit à travailler comme un dingue”, explique l’ex-candidat à l’élection régionale d’Île-de-France.

Claude acquit ainsi 250 parts qui furent revendues à son frère “sans que l’on puisse savoir exactement quand, ni surtout pour quel montant”, car “les comptes de l’année 2001 n’ont jamais été publiés”, explique Mediapart.

Renato Bartolone, lui, a déclaré les avoir rachetées pour “2.000 ou 3.000 euros” au total (un peu flou, le garçon). Le directeur de cabinet du président de l’Assemblée confirma au site d’investigation que ces cessions “ont toujours été faites sans plus-value, ni moins-value et à la valeur symbolique des titres”. Quelle générosité ! Bizarre, vous ne trouvez pas ? Non, juge la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), qui a déclaré à l’Agence France-Presse n’avoir “aucun commentaire à faire” sur ces cessions, puisqu’elles sont en rapport avec des déclarations de patrimoine antérieures à 2012, sur laquelle la Haute Autorité n’a pas de pouvoir de contrôle.

Si je doutais de la probité du président de l’Assemblée – ce que je n’envisage pas une minute -, j’imaginerais volontiers un rôle pour les deux frères dans un remake du Clan des Siciliens.

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