Si mon grand-père revenait d’entre les morts, il ne comprendrait pas ce qu’est devenu la . Je crois qu’il deviendrait fou rien qu’en allumant la télé. Entre le grotesque mariage de deux homos diffusé en direct et les faits divers à la sauce islamique, il aurait l’impression d’un cauchemar.

Quand il nous a quittés au début des années 80, les militaires ne patrouillaient pas dans tout le pays. Leurs armes — chargées — n’étaient pas en plastique, les Gaulois n’étaient pas bronzés, personne ne parlait d’islamiste, et une agression au couteau n’aurait jamais été qualifiée d’acte « terroriste ».

Nous, les vivants, n’avons pas le choix. Il faut subir cette folle réalité, s’accrocher pour écouter l’histoire d’Alexandre D. L’homme qui, samedi, a essayé d’égorger un de nos soldats à la Défense. D’emblée, le mot « cutter » est utilisé. On a compris. Déjà.

Au gré des premières infos qui tombent, les médias sont prudents. L’affreux crime de Londres résonne encore. Sentant le mauvais coup, certains journalistes évoquent la piste d’un « déséquilibré ». Comme celui qui a poignardé un gendarme dans l’Isère quelques jours auparavant, en criant « Allah ».

Si un barbu vous saute dessus en pleine rue, ne soyez pas trop dur avec lui. C’est un « déséquilibré ».

Puis, quand il s’avère que le cinglé de la Défense est encore un musulman, on a droit au traditionnel : « C’est sans doute un loup solitaire. » Comme à Boston, comme les deux bouchers qui ont ravagé le corps du jeune soldat britannique. Les loups solitaires sont de plus en plus nombreux et de moins en moins solitaires.

Puis la nouvelle tombe. Immense ouf ! de soulagement dans les rédactions. « C’est un Français, Français français, d’origine française, ce qu’on appelle des Gaulois, maintenant », nous explique, sur BFM, Dominique Rizet. Et Jamel Debbouze, c’est un gallo-romain ?

Bref, on apprend que ce Gaulois est quand même métis, un peu antillais sur les bords. Vercingétorix aurait eu du mal à le reconnaître. Un gars né en 1991, à l’époque où le groupe NTM nous avertissait méchamment : «  de demain, quoi qu’il advienne, nous appartient. » Dans un clip grouillant d’encapuchés aux visages patibulaires. Avant que l’ ne se transforme en infernale matrice d’où sortent des « déséquilibrés » à la chaîne.

La presse française rassure ses derniers lecteurs : Alexandre, devenu « Abdelillah », était un jeune homme tranquille, qui avait connu quelques déboires judiciaires. Pas grand-chose : port illégal d’arme, vol avec effraction, vol avec violences, violation de domicile… Pas de quoi stigmatiser un chat. Portant la tenue islamique, il participait à des prières de rue, refusait de « monter dans un bus parce qu’il y a des femmes », etc. La DCRI mise au courant de cette jolie biographie, et de ses « voyages à l’étranger », ne s’est pas inquiétée plus que ça… « La note présentait un fondamentaliste musulman, pas un djihadiste », a balbutié le ministre Valls… Continuons comme ça. Et disons, « au suivant » !

31 mai 2013

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