Editoriaux - Politique - 6 mars 2019

Le centrisme, voilà l’ennemi !

En ce début de campagne plus que poussif pour les prochaines élections européennes, les centristes europhiles de La République en marche se retrouvent, une nouvelle fois, sous les feux des projecteurs. Il faut dire que leur profil conciliant convient parfaitement au petit monde de la bien-pensance pour qui voter centriste, c’est refuser la démagogie ou même (mieux) le populisme des extrêmes, qu’ils soient de gauche comme de droite.
Un récent édito de Natacha Polony publié dans le numéro 1143 de Marianne a eu le mérite de réactualiser l’enquête révélatrice du chercheur américain David Adler, qui s’était illustré en 2018 après avoir démontré que le seul extrémisme digne de ce nom sur l’échiquier politique restait le centrisme.

En effet, statistiques et sondages à l’appui, le chercheur avait bien montré que l’électorat centriste, que ce soit aux États-Unis comme, d’ailleurs, en France, était celui qui se sentait le moins disposé à la défense des institutions dites démocratiques. Bien sûr, chacun pensera ce qu’il veut de la démocratie et ce n’est pas le moment d’ergoter sur le sujet.

Mais ce qui est intéressant, pour ce qui est de nos chers centristes français, ou du moins pour ceux qui se réclament de cette obédience, c’est qu’ils se veulent les chantres d’un État pacifié, généreux et apolitique. Or, manifestement, tout – que ce soit dans leurs attitudes ou leurs convictions – trahit leur pensée. En effet, comment pourrait-il en être autrement lorsque nos chers centristes du MoDem et de La République en marche défendent une radicalité destructrice, que ce soit en prônant une laïcité exclusivement bénéfique à l’islam, que ce soit en faisant de la défense de Schengen un modèle de souveraineté ou en érigeant l’accueil de l’étranger comme la réussite de notre État-providence ?

À ce titre, le centrisme demeure bien un radicalisme au sens où il détruit les conditions même d’existence d’un État libre et indépendant, d’une citoyenneté française et d’une identité nationale.

Alors, m’inspirant de cette célèbre phrase de Gambetta, ne peut-on pas conclure “Le centrisme, voilà l’ennemi » ?

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