Ainsi donc, trois ans et demi après sa mise en examen, l'ancien ministre vient d'être jugé et condamné. Puis est sorti libre du tribunal !

Bien entendu, comme la plupart des prévenus, il fait appel, ce qui prolongera la procédure d'un an supplémentaire, au moins.

Ce cas est exemplaire à plus d'un titre. Je passe sur l'énormité et l'audace scandaleuse et effrontée du mensonge, face à la représentation nationale, c'est-à-dire devant tous les Français. Je passe sur la sournoise supercherie d'un ministre chargé de la traque contre les fraudeurs, lui-même l'un des plus alertes. Cet « agent double » du blanchiment se regardait-il dans la glace le matin en se rasant, pour façonner son image de grand justicier, ou plutôt pour nettoyer les indices de sa félonie ?

Ce qui insulte le citoyen, c'est d'abord ce soupçon qui plane comme une ombre furtive et pernicieuse à l'encontre de celui qui l'a fait ministre. Lequel, pour l'avoir nommé, n'était pas au courant, il va de soi, de ses turpitudes financières.

Mais ce sont les délais et errements de la qui exaspèrent au premier chef. Trois ans pour conclure à un jugement qui est contesté, voilà une procédure laborieuse invalidée de fait par l'appel. La quasi-généralité des actions en première instance subissent désormais ce renvoi, qui met en doute le bon équilibre de la balance judiciaire, surtout avec les prévenus de grande envergure ayant les moyens d'une consistante. Le duel cour contre avocats n'est plus égal.

En tout état de cause, le recours à la procédure d'appel devrait aggraver les sanctions, si les attendus et conclusions demeurent identiques. Le « déni » de devrait ajouter une faute aux fautes déjà jugées…

La presse et certains politiques trouvent les infligées très lourdes ! Tout d'abord les trois ans de prison ferme. Il est vrai que loger et nourrir le condamné en section VIP, aux frais du contribuable qu'il a très généreusement floué et volé, est insupportable ! L’intéressé aurait été tellement sonné par une telle sentence, à laquelle en toute mauvaise foi il ne s'attendait pas, qu'il n'aurait pu se relever lorsque la cour a quitté le prétoire…

Mais le summum de l'hypocrisie sinon de la connivence républicaines est la courte peine d'inéligibilité. Cinq ans, cinq ans seulement, le temps fugace d'un mandat, pour retrouver la pleine virginité électorale ! Je résume : si la peine de prison ferme est confirmée, à sa sortie, le sieur Cahuzac pourrait considérer une nouvelle candidature et la préparer. Non au fait des arcanes judiciaires et administratives, je ne sais si la non-éligibilité condamne aussi le puni à ne pas postuler lors des inscriptions de candidature ou si, au contraire, la sanction s'achève avant ou au jour du scrutin, ce qui l’autoriserait à faire campagne alors que terminant sa peine.

Ce qui est clair, c'est qu'un crime de lèse-citoyen de cette envergure devrait être puni d'une inéligibilité à vie, comme tout délit de corruption ou de détournements commis durant et sous couvert d'un mandat électif !

Un sur cette question rendrait, j'en suis convaincu, un jugement sans appel…

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10 décembre 2016

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