Editoriaux - Entretiens - Internet - Société - Table - 14 avril 2015

Le bilan colonial est en effet apocalyptique pour les anciens colonisateurs

Dans votre livre, vous renversez le paradigme dominant qui est celui de la prétendue “culpabilité coloniale” pour poser la question des conséquences dramatiques de la colonisation pour les anciens colonisateurs.

Le bilan colonial est, en effet, apocalyptique pour les anciens colonisateurs car ceux qui ne cessent d’accuser l’Europe de les avoir colonisés hier forcent aujourd’hui ses portes pour y trouver de quoi survivre ou pour s’y faire soigner. Alors qu’il n’y eut au maximum que 1.500.000 nationaux (ou Européens) installés dans tout l’Empire français (dont plus des deux tiers dans la seule Algérie), en 2005, les populations originaires de l’ancien empire vivant en France comptaient plus de 6 millions de personnes, naturalisés compris, soit quatre fois plus qu’il n’y eut de “colons”, et elles constituaient alors au moins 10 % de la population métropolitaine. Or, ces chiffres datent d’il y a dix ans… Quelles que puissent être les précautions sémantiques, nous sommes donc bien en présence d’un “Grand Remplacement”, selon l’expression de Renaud Camus, phénomène “légitimé” par le postulat de la culpabilité coloniale et qu’il faut être aveugle pour ne pas voir.

Les conséquences de la colonisation font donc porter une véritable “tunique de Nessus” à nos sociétés et elles font peser sur les générations européennes à venir une hypothèque d’autant lourde qu’elles ne l’ont pas signée…

À en croire la rumeur, France 5 aurait déprogrammé une émission dans laquelle vous aviez été pourtant invité. Simple censure ou aveuglement idéologique ?

Les deux à la fois. J’ai pris l’habitude de ces censures à répétition et c’est pourquoi j’ai contourné l’obstacle en créant L’Afrique réelle, lettre mensuelle par Internet qui entame sa sixième année d’existence et dans laquelle je donne ma grille de lecture des événements africains (www.bernard-lugan.com).

Entretien réalisé par Nicolas Gauthier


« Osons dire la vérité à l’Afrique ». Éditions du Rocher, 223 pages, cahier de cartes couleur. 21 euros.

Les lecteurs souhaitant une dédicace peuvent commander directement le livre à l’Afrique Réelle (BP 45- 42360 Panissières) en ajoutant 6 euros de frais de port (colissimo exclusivement). Ne pas oublier de communiquer votre adresse électronique).

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