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Editoriaux - Histoire - 22 janvier 2020

Le 22 janvier 1941, c’était aussi l’arrestation d’Honoré d’Estienne d’Orves

Alors que ce matin même, j’eus l’immense privilège d’assister à une remise de bérets à de jeunes commandos de l’air, bercés dans ce froid d’hiver par les accents fougueux et impétueux de « La Marseillaise » et du « Kyrie des Gueux », la date du 22 janvier s’est imposée d’elle-même.

Non pas tant comme celle d’un simple devoir de mémoire, mais plutôt comme le rappel de cette ardente obligation de se sentir patriote et d’espérer encore en la France.

En effet, c’est un 22 janvier que l’héroïque Honoré d’Estienne d’Orves était arrêté à Nantes, après avoir été dénoncé par son radio qu’il croyait son complice et qui ne fut qu’un lâche.

Je n’aurais pas la prétention de vouloir retracer l’ensemble de la vie d’Honoré d’Estienne d’Orves, désigné communément comme le « premier martyr de la France libre ».

Toutefois, en ces temps de déréliction, où l’exaltation de ce qui par trop national paraît suspect, la mort du capitaine de corvette d’Estienne d’Orves interpelle et nous oblige.

Elle nous oblige car cet homme, dont le tribunal militaire allemand en charge de son procès ira jusqu’à demander sa grâce au Führer, n’a jamais renié ni sa foi dans la France catholique ni son espérance de triompher de l’ennemi. Ennemi qu’il considérait, d’ailleurs, en patriote qu’il devait être, comme le rappelle la phrase qu’il prononça avant d’être fusillé au magistrat allemand qui le condamnait : « Monsieur, vous êtes officier allemand. Je suis officier français. Nous avons fait tous les deux notre devoir. Permettez-moi de vous embrasser. »

Admettons qu’un tel comportement soulève l’espoir le plus fou. L’espoir de penser que quelques hommes de conviction peuvent encore demeurer parmi nous et qu’ils ne craindront pas de désigner les ennemis mortels de la civilisation française.

Car c’est bien à cet acte de résistance et de sursaut que nous convie cette triste date de l’arrestation d’Honoré d’Estienne d’Orves. Elle désigne aussi toute la profondeur du courage et du panache français, que l’exemplarité d’un homme incarna à travers une aristocratie de sang et de cœur.

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