Editoriaux - International - Justice - Politique - 22 décembre 2013

Laxisme judiciaire : l’Italie aussi

Encore un bandit arrêté, formidable ! Par la police française, bravo ! Un bandit pas français, italien… Ah ! c’est bien aussi, surtout qu’il ne s’agit pas d’un voleur de 36e catégorie, mais d’un vrai de vrai serial killer : Bartolomeo Gagliano, surnommé « le monstre de la Saint Valentin ».

« C’est un succès pour la police italienne et pour le système de coopération internationale », claironne le ministre de l’Intérieur italien. Tout de même plus « international » qu’italien, puisque c’est la BRI de la PJ de Nice qui a procédé à son arrestation à Menton, après qu’il eut été repéré grâce aux caméras de vidéo-surveillance de la frontière.

Pour une fois, même les pires opposants du « tout surveillance » n’auront rien à y redire. Sinon par principe.

Le Rital dont il est question mérite autant son qualificatif de psychopathe que son surnom : « Le parcours judiciaire du monstre de la Saint-Valentin a commencé en 1981 avec l’assassinat de sa maîtresse, une prostituée qui menaçait de révéler leur liaison à la petite amie de Gagliano. S’ensuivent une condamnation à l’hôpital psychiatrique, une évasion, puis deux, puis trois, deux nouveaux meurtres (ses victimes : un transsexuel et un travesti), des blessures au visage par balle sur deux prostituées (à chaque fois : une balle dans la bouche), séquestrations, extorsions, vols avec violence… » rapporte le quotidien Nice Matin.

Mais tout de même, comment cette bête sanguinaire a-t-elle pu se retrouver à l’air libre ? Une énième évasion ? Non, on lui a complaisamment ouvert la porte de sa prison pour une permission tout ce qu’il y a de plus officielle et légale. Mis en cause (et pour cause !), le directeur de la prison génoise a invoqué « ignorer ses précédents pénaux » et l’avoir « évalué selon sa dernière condamnation pour vol. »

Non seulement trucideur et voleur, Bartolomeo Gagliano a donc également profité des largesses de l’administration carcérale de la prison Salvatore Mazzeo pour se carapater à cette occasion.
Le ministre de la Justice transalpin, de son côté, voit dans sa rapide et inespérée arrestation un « cadeau de Noël ». Il est effectivement miraculeux, merci petit Jésus !, que le sang n’ait pas coulé, surtout celui du boulanger de Savone, en Ligurie, que le dingue a pris en otage en le menaçant d’une arme à feu pour l’obliger à le conduire à Gênes. Après une heure de route, le boulanger a été instamment prié de descendre. Autre miracle…

Comment un tel individu a-t-il pu se procurer une arme aussi facilement après avoir quitté la prison ? Pas de réponse pour l’instant, sinon qu’aux âmes bien noires, la faculté de s’enfourailler n’attend sans doute point le nombre des années.

Il paraît que les Italiens respirent, et désormais la justice italienne attend, elle, son extradition. Si ça pouvait se faire rapidement, on aimerait autant. Parmi ses victimes passées figurent un transsexuel et un travesti, une espèce qu’apprécie tout particulièrement Christiane Taubira… Aux dernières nouvelles, il ne serait donc pas question d’accorder à Bartolomeo Gagliano l’asile politique.
Les Français, aussi, respirent !

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