Une exposition consacrée à (1907-1977) ferme, en Californie du Sud, car l’acteur était jugé raciste par des étudiants de l’université qui manifestaient depuis plusieurs mois contre cet hommage. Ils reprochent à l’acteur des propos racistes et homophobes qu’il aurait tenu dans les années 70.

Explications de Laurent Dandrieu au micro de Boulevard Voltaire.

Une exposition sur John Wayne a été censurée, aux États-Unis. Pourquoi l’acteur aux traits virils devient-il la proie des néo-progressistes ?

Ce n’est pas extraordinairement surprenant qu’il devienne la proie des progressistes dans la mesure où il a toujours été connu comme un réactionnaire. Cela devait bien tomber sur lui un jour ou l’autre. Ce qui est surprenant, c’est qu’on ait mis autant de temps à s’en apercevoir. On a exhumé une vieille interview des années 70 dans laquelle il tenait des propos essentiellement offensants pour les minorités raciales, et des propos homophobes. Des étudiants ont demandé à l’université de Californie du Sud, dont John Wayne était l’un des anciens étudiants, de supprimer cette exposition permanente avec le prétexte assez étonnant, je cite la revendication de ces étudiants : « En maintenant vivant l’héritage de John Wayne, le département des archives cinématographiques soutient la suprématie blanche. »
On est donc dans une espèce de confusion mentale totale où évoquer l’activité d’un artiste serait validé par l’ensemble des opinions qu’il a émises en dehors de son activité d’artiste.

Plus largement, le western de cette époque avec l’exaltation de l’esprit pionnier ne risque-t-il pas d’être condamné en ces temps de mouvement décolonial ?

Je pense qu’il le sera à un moment ou à un autre sous un angle de l’appropriation culturelle. Dans beaucoup de westerns, certaines figures d’Indiens sont anonymes quand il s’agit des assaillants. Dès qu’il y a un rôle d’Indien un peu développé, l’habitude, à Hollywood, était de le faire jouer par un acteur qui n’avait d’indien que le maquillage. C’est comme cela qu’on retrouve dans des rôles d’Indiens des acteurs aussi célèbres que Charles Bronson, Burt Lancaster ou que Rock Hudson. On était dans un phénomène très clair que l’on appelle, aujourd’hui, l’appropriation culturelle, totalement acceptée à l’époque et qui devient, aujourd’hui, inacceptable vis-à-vis des lobbies.
Si on veut réécrire l’histoire du western à l’ombre des critères politiquement corrects d’aujourd’hui, je crains qu’il faille tout passer à la poubelle. Que ce soit le rapport aux minorités, notamment la minorité indienne, il n’y a pas grand-chose dans les westerns classiques.

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