N’en déplaise à certains lecteurs de ce site, dont les commentaires relèvent parfois plus de la brève de comptoir haineuse que de la jovialité et de l’esprit chrétien, est désormais une femme emblématique. Elle est issue de l’immigration maghrébine, porte le et professe sa foi musulmane. Accessoirement, elle est la mère d’Imad ibn Ziaten, lui aussi Français de branche, musulman et engagé dans l’armée française : ce fut l’une des première victimes d’un certain Mohammed Merah.

Ce jeudi, cette dame, fondatrice de l’Association pour la et la paix, a reçu le prix de la fondation Chirac, au musée du quai Branly ; ce, devant un parterre de personnalités, dont et .

“Mon fils est mort debout et je reste debout à chaque fois que je témoigne. […] J’ai besoin d’aide et de soutien. […] Je compte sur vous, Monsieur le Président, pour continuer mon combat. Si vous ne m’aidez pas, je perds mon courage. […] J’ai un bureau et deux salariés, et je n’ai même pas de toilettes…”

Bref, ce que demande cette dame, qui n’a rien d’une intermittente du spectacle en bonnet péruvien, ce ne sont pas que des moyens financiers, mais également une reconnaissance et, surtout, une prise de conscience : “On a un problème dans les écoles, il y a beaucoup de souffrances, mais aussi dans les maisons d’arrêt des gens qui se convertissent à l’islam […] On doit faire des règles. Ce n’est pas le prisonnier qui commande. […] Il faut ouvrir les ghettos fermés…”

En un mot comme en cent, comment apprendre ou réapprendre à vivre ensemble, belle expression aujourd’hui si galvaudée ? Avec près, ou plus, de six millions de Français de confession musulmane, divisés entre ceux qui disent leur amour de notre maison commune et ceux qui en prônent la détestation, la tâche est tout, hormis aisée.

Tentant de répondre à cette épineuse question, la dernière livraison du Figaro Magazine, dont la une est titrée : “La France debout”, Jean Sévillia – pas exactement un islamolâtre gauchiste et “lèche-babouches” – interroge des personnalités telles que le philosophe Pierre Manent ou Camel Bechikh, président de l’association Fils de France.

Pour le premier : “S’il faut fermer une salafiste ou expulser un prédicateur wahhabite, on mettra un point d’honneur à ne pas entraver l’ouverture d’une mosquée dont les fidèles méritent confiance.” Pour le second : “Nous militons pour que l’islam de France, intelligemment adapté à la culture française, ne soit plus pollué par l’influence d’États étrangers qui, dans cette guerre, semblent clairement ne pas être dans notre camp.”

Il est à rappeler que, dans le précédent numéro du même hebdomadaire, Jean Sévillia signait un fort intelligent dossier consacré au Coran, à l’occasion duquel il interrogeait longuement l’imam , recteur de la mosquée de Bordeaux. Et les deux hommes de conclure en substance que le meilleur rempart contre l’ radical demeure l’islam traditionnel.

En ce sens, le fait qu’une Latifa ibn Ziaten soit à juste titre honorée demeure une bonne nouvelle, dans une actualité dont le moins qu’on puisse prétendre est qu’elle est plus que morose. Pour les uns comme pour les autres.

20 novembre 2015

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