Plus souvent critiques qu’indulgents vis-à-vis de la Curie, les Français peuvent néanmoins se montrer étonnants à ce sujet. Au fond, c’est peut-être l’expression dilatée de leurs contradictions qui fait d’eux ce peuple capable de charmer la terre entière et, à des moments de l’Histoire, de la dominer.

Car, enfin, n’avons-nous pas vu dans les du 26 juillet une révolte inédite se manifester… pour un prêtre ? Toute la journée, son humble parcours donné à Jésus jusqu’au même calvaire a couvert les deux tiers des articles du figaro.fr et de liberation.fr.

"Attaquer une église, tuer un prêtre, c'est profaner la République", a déclaré Francois Hollande. "On s'attaque à une part de l' de notre pays, à nos racines", a ajouté Manuel Valls. "Des personnes et des lieux spécialement dédiés à la paix du cœur", a encore dit Mélenchon. En trente minutes, les politiques ont partagé la douleur des catholiques comme ils ne l’avaient jamais fait en trente ans de provocations et de lois anticléricales. Naturellement, ces invariables bouffeurs de curés, plus habitués au confort de leurs réduits maçonniques qu’à l’humidité désuète des sacristies, savent se montrer humains lors d’événements si tragiques. Mais là, nous assistons presque à un coming out papiste ! Viser une église devient le parjure d’État indépassable. Les catholiques de France, si frileux d’avouer "en être" à la machine à café de l’entreprise, par peur des quolibets et des ralentissements de carrière, pensaient qu’une telle sympathie appartenait au Moyen Âge.

Alors, peut–être les Français, à commencer par leurs représentants politiques et leurs porte-parole médiatiques, ne sont-ils pas si veaux que le grand Général le disait ? Au travers des tueries islamistes, la tête dans le purin de leurs lâchetés culturelles et spirituelles, ils boivent impuissants, jusqu’à la lie, le calice de Celui qui fut, il y a deux mille seize ans, le chemin, la vérité et la vie.

Le Tout-Puissant pardonne. Ainsi, dans un élan mystique au regard d’une époque infecte dont notre alimente les turpitudes, peut-être peut-on se prendre à rêver d’un réveil des Français. Pas là où on l’attendait, pas dans une grogne gauloise et profane, un peu démodée par la mondialisation. Mais sur l’autel d’un curé de campagne, symbole d’une chrétienne qui fit de leur pays la fille aînée de l’Église. Serions-nous à l’aube de redécouvrir cette jolie fille pure que nous fûmes ?

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28 juillet 2016

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