Une étude réalisée par France Stratégie et rendue publique vendredi 6 novembre montre que l’ascenseur social fonctionne  bien en Bretagne, Aquitaine, Midi-Pyrénées, Rhône-Alpes et Île-de-France. Seulement cinq régions sur les vingt-deux que compte notre pays.
Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’aujourd’hui l’ascenseur social est à l’arrêt. 

Il fut un temps où augmentation des revenus et généralisation du salariat étaient les maîtres mots. Aujourd’hui, que reste-t-il de cette belle époque ? Rien. Le salariat est en crise. Chômage de masse, multiplication des statuts précaires et, bien sûr, protection sociale au bord de l’explosion.

Il fut un temps où l’on n’avait pas peur du lendemain, où l’on pouvait dire avec certitude “Je vais “faire carrière””, mais ça, c’était avant. Aujourd’hui, la quasi-totalité des embauches sont en CDD. Le nombre de travailleurs pauvres est passé de 900.000 à un 1,1 million entre 2002 et 2011. Cela signifie que plus d’un million de personnes vivent avec moins de 800 euros par mois.

Avant, faire des études, c’était acquérir la quasi-certitude d’échapper justement à cette insécurité sociale. Aujourd’hui, malheureusement, ce n’est plus un remède suffisant !

Et pour preuve, une enquête de l’APEC datant de 2013 montre que 37 % des diplômés de niveau bac+5 n’ont toujours pas trouvé d’emploi. C’est un record.

D’ailleurs, Louis Chauvel, sociologue, professeur à l’université du Luxembourg, spécialisé dans l’analyse des structures sociales et du changement par génération, explique très bien cette déception. “Il s’agit bien, aujourd’hui, de jeunes diplômés de l’université issus des catégories intermédiaires qui voient se dérober sous leurs pas les dernières marches à l’entrée dans les classes moyennes. Ils vivent ce retournement comme un risque de déchéance dans une classe d’incertitude sans avenir ni retour, et leurs parents assistent avec eux à l’extinction d’un projet social hier triomphant.”

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il y a de quoi ressentir une certaine frustration face à l’accroissement des inégalités.  

Aujourd’hui, c’est les salaires exorbitants des grands patrons et les frasques du show-biz qui font la une de la télévision et des magazines people. Mais cet argent facile , cet argent roi contraste avec la vie quotidienne de plus en plus difficile d’une part grandissante de Français.

28 novembre 2015

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