Doit-on s’étonner que le Premier ministre hongrois, Viktor Orbán, ait manifesté son soutien au candidat à la présidentielle américaine, Donald Trump ? Certes, beaucoup de pays d’Europe de l’Est, anciennement communistes, ont toujours eu pour les États-Unis les yeux de Chimène. Pour preuve, le récent sommet de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord à Varsovie fut un succès, notamment vu de Budapest.

Mais Orbán fait aussi figure d’épouvantail à Bruxelles, au même titre que Trump outre-Atlantique. Leur populisme intransigeant heurte les bonnes consciences mondialistes qui ne comprennent pas que les peuples veuillent sauvegarder leur façon d’être immémoriale. « Le peuple, écrit Vincent Coussedière, veut conserver ses mœurs qui lui suffisent pleinement pour donner sens à son existence. »

Orbán est donc sur la même longueur d’onde que Trump, notamment sur la question, sensible (et primordiale) entre toutes, de l’immigration. D’abord, le chef du gouvernement hongrois, qui n’a jamais caché son attachement (sans doute plus politicien et opportuniste que réel) aux « valeurs chrétiennes de l’Europe », s’est singularisé, fin août 2015, pour avoir érigé un mur de barbelés de 175 km entre la Hongrie et la Serbie, ce, afin d’endiguer le flot intarissable d’immigrants se déversant dans le pays. Surtout, le 2 octobre prochain, se tiendra un sur le plan européen de répartition des réfugiés dans les pays membres de l’Union européenne.

Sur les rives du lac Balaton commencent à fleurir des affiches gouvernementales dont les slogans ne s’embarrassent pas de précautions sémantiques. Déclinées sur le mode « Le saviez-vous ? » (« Tudta ? », en hongrois), toutes font référence à l’actualité récente : « Le saviez-vous ? L’attentat de Paris a été commis par des immigrés » ; « Le saviez-vous ? Depuis le début de la crise migratoire, le harcèlement contre les femmes augmente considérablement en Europe » ; « Le saviez-vous ? Depuis le début de la crise migratoire, plus de 300 personnes sont mortes dans des attaques terroristes en Europe » ; « Le saviez-vous ? Bruxelles veut installer l’équivalent d’une ville d’immigrés illégaux en Hongrie ».

Bien plus à l’ouest, de l’autre côté de l’Atlantique, Donald Trump s’inspire des solutions mises en œuvre par Viktor Orbán, lequel reconnaît que « Trump a fait des propositions pour mettre fin au terrorisme, et en tant qu’Européen, je n’aurais pas su dire mieux ». Ainsi, le milliardaire américain préconise-t-il l’édification en continu d’une clôture à la frontière américano-mexicaine, comme le déploiement de 25.000 agents supplémentaires dédiés à la surveillance d’icelle, et l’utilisation de drones Predator.

À l’instar d’Orbán et d’autres populistes conséquents, Trump a clairement conscience qu’il est le dernier rempart d’une blanche contre les remplacistes de l’« Emerging Democratic Majority » (la « majorité démocratique émergente », socle électoral du Parti démocrate composé de minorités visibles, de jeunes diplômés et de Noirs américains). Au point, d’ailleurs, de vouloir remettre en cause la section première du XIVe amendement qui, selon lui, « octroie, à tort, la citoyenneté aux enfants nés en Amérique d’étrangers illégaux ».

28 juillet 2016

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