Les Français, avec les statistiques du chômage et de la croissance, ont intégré depuis longtemps l'échec de la présidence Hollande. C'est pour eux une affaire entendue, et classée. Mais après ?

Certes, cette présidence servira de contre-exemple pour le prochain Président, tant les erreurs furent nombreuses.

Mais, pour les Français, cela ne suffira pas. Ils exigeront plus, et notamment la prise en compte réelle de leur légitime inquiétude identitaire devant la vague d'attentats islamistes et devant les bouleversements culturels imposés par la vague migratoire (et ce n'est pas faire d'amalgame que de nommer dans une même phrase ces deux problèmes majeurs).

Face à cette inquiétude et cette demande populaires fortes, quelles réponses peuvent aujourd'hui apporter les probables candidats ?

De François Hollande, les Français n'attendent qu'une chose : qu'il se retire dignement. Sur ce sujet majeur, comme sur beaucoup d'autres d'ailleurs, il a failli, par idéologie, par tempérament, par manque de courage. Il a fallu les attentats de janvier pour qu'il se décide à agir. Trop tard, trop peu. Il n'a pas vu (ou voulu voir) venir cette barbarie qui montait ; il n'y a pas préparé l'opinion. Quant à M. Valls, le temps politique allant très vite, il est déjà tellement associé au boulet du bilan hollandais et tellement contesté par la gauche qu'il a vieilli prématurément et qu'il ne représente pas un plan B crédible pour la gauche. Les derniers sondages l'attestent.

Mais, sur ce sujet, les deux concurrents de la droite dite "républicaine" ne parviennent pas non plus à s'imposer, jusque dans leur propre camp, ce qui est très inquiétant pour eux. En effet, l'un, Alain Juppé, ignore la question identitaire, ou la sous-estime, pensant qu'une "positive attitude" faite d'« identité heureuse » et de vivrensemblisme suffira à apaiser les Français. L'autre, Nicolas Sarkozy, s'est naguère saisi de la question sans détour, mais de façon très opportuniste, aux yeux des électeurs qui le lui ont fait payer en 2012. Il leur reste donc d'énormes efforts à faire pour modifier ces deux mauvaises postures. Nicolas Sarkozy a commencé sa confession dans Valeurs actuelles ; nous attendons encore celle de M. Juppé, qui ne devrait pas être moins fournie.

Mais si Paris valait bien une messe, la prochaine présidentielle demandera certainement plus qu'une confession.

Car MM. Juppé et Sarkozy partagent avec M. Hollande, pour les Français, un autre terrible handicap : ayant eux-mêmes exercé les plus hautes responsabilités ces vingt dernières années, ils n'ont ni prévu ni traité véritablement ce problème identitaire, que seul, ou presque, le Front national mettait en avant. Pire : ils ont stigmatisé, avec la gauche et les médias, ceux qui, intellectuels ou électeurs de base, le voyaient et le nommaient. Cela fait un lourd passif pour être en mesure de reconquérir un électorat qui leur a tourné le dos. Sans doute définitivement. À suivre...

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31 août 2015

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