Plus modestement que le retour des cendres de Napoléon, inhumées solennellement le 15 décembre 1840 sous le dôme des Invalides, voici que nous est revenu l’anneau de Jeanne (ou Jehanne, pour les puristes) d’Arc, conservé jusqu’alors par « l’ennemi héréditaire » depuis 1431, année de son supplice à Rouen.

Cet anneau lui fut dérobé par l’évêque Cauchon, qui le céda ensuite aux Anglais et à qui Jeanne avait auparavant déclaré sur le bûcher : « Évêque, je meurs par vous ! », précipitant le prélat dans l’opprobre pour les siècles futurs.

Jeanne, qui s’en soucie aujourd’hui ? Et pourtant, elle demeure un symbole de à l’occupation étrangère sur notre sol qui va bien au-delà des contingences politiques ou religieuses, la jeune Lorraine ayant été par ailleurs canonisée en 1920.

Et quand je lis les commentaires des articles consacrés à ce retour, prétendant que ceci ne concerne que les catholiques, je me désespère. Car à ce compte-là, l’entretien des cathédrales de France ne concerne, lui aussi, que les catholiques ! Triste pays qui ne sait plus reconnaître les empreintes de son histoire. Ainsi, tandis que la restauration des douteuses colonnes de Buren a coûté 5,8 millions d’euros, un peu plus de vingt après leur inauguration en 1986, le ministère de la Culture ne s’est pas précipité pour acquérir ce bien précieux de notre patrimoine.

En laiton, sommairement décoré de trois croix et d’une inscription – « Jesus Maria » -, la valeur de l’objet ne résidait pas dans sa facture mais bien dans son symbole. Symbole qui dérange les laïcards orientalisés, peut-être !

Fort heureusement, face à ce désintérêt pour le roman national jusqu’au plus haut sommet de l’État, l’anneau de Jeanne d’Arc, mis aux enchères à Londres en février de cette année, a pu être racheté par la fondation du Puy du Fou, grâce à l’action conjuguée de et de son fils, Nicolas, ainsi qu’à la générosité de donateurs ayant permis de couvrir l’enchère qui s’est élevée à 350.000 €, avec un prix de départ de 75.000 €.

On ne peut que remercier d’avoir, chose plus rare que la neige au printemps, une conscience nationale. Le même Philippe de Villiers qui, à l’occasion de la sortie de son livre, Le Roman de Jeanne d’Arc, déclarait dans un entretien au Figaro : « Jehanne n’est pas une mystique, mais une petite fille de tous les jours. Elle aime rire, chanter, danser. Elle a de l’entrain dans le caractère, elle est coquette, elle aime les toilettes, les tissus et les laines rares. […] Elle est aussi une fille de piété. […] Jehanne est le plus formidable trait d’union que l’Histoire ait jamais inventé entre le Ciel et la Terre. Mais, chez elle, l’extraordinaire vient se tramer dans l’ordinaire. »

Puissions-nous, par cet anneau, nous marier enfin à notre passé et enfanter un meilleur avenir !

5 mars 2016

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