En cette période électorale, la question du revient sur le devant de la scène avec, entre autres, la sortie d’un film plein de bonnes intentions antiracistes – Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu ? – ou la chronique antiraciste humoristique de Joséphine Draï sur France Inter.

Or, le débat sur le est fondamentalement faussé par la confusion entretenue entre race et culture, au moins depuis l’apparition de SOS Racisme dans les années 80 et l’affirmation répétée, à cette époque à l’UNESCO, que toutes les cultures se valent.

Si tout le monde ou au moins une grande majorité de gens est d’accord pour condamner le racisme, le rejet de certaines personnes ou groupes sur la base de leur couleur de peau ou appartenance raciale, les choses ne sont pas si simples lorsque l’on considère les confrontations entre cultures, systèmes de valeurs.

Par définition, si on adopte un système de valeurs, c’est qu’on est en désaccord avec un autre : on ne peut à la fois défendre l’égalité de l’homme et de la femme devant la loi et considérer que le témoignage d’une femme vaut en justice la moitié de celui d’un homme – ce qui est le cas dans certaines cultures.

Même au sein des cultures à dominante chrétienne, Max Weber (L’Éthique protestante et l’esprit du capitalisme) et Alexis de Tocqueville (De la démocratie en Amérique) ont montré combien les différences entre catholiques et protestants, en développant des modèles éthiques différents, ont pu jouer sur le type de développement économique de pays occidentaux.

De même, on peut relier les succès des pays asiatiques, dans l’étude PISA comparant les systèmes éducatifs et conduite par l’OCDE, à l’importance donnée traditionnellement par le confucianisme à l’éducation et à la cellule familiale.

Cette importance des cultures qui ont en leur centre un aspect religieux, une vision de l’homme, des relations entre hommes et du bien et du mal, montre que le simple rappel de la « laïcité à la française » n’est pas une réponse appropriée pour gérer les conflits interculturels. En effet, la laïcité est un sous-produit de la culture occidentale, laïcité dont on peut retracer l’origine dans les luttes entre les pouvoirs politiques et religieux en Europe depuis le haut Moyen Âge, aboutissant à une certaine autonomie de ces deux pouvoirs l’un par rapport à l’autre, mais elle ne représente pas en elle-même une culture source d’un système de valeurs.

C’est pour cela que la réponse face au défi représenté par certaines cultures étrangères est un dialogue basé sur l’affirmation de notre identité culturelle dans ce qu’elle a de meilleur et d’universel que l’on retrouve dans l’affirmation des droits de l’homme, une certaine conception de la famille, de la liberté et de la responsabilité, et non un nivellement par le bas.

4 mai 2014

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