Quand allons-nous en finir avec les entorses à la laïcité visant à satisfaire des communautés particulières dans notre espace public ?

Début avril 2015, la RATP, ou plus exactement sa filiale publicitaire Métrobus dont le PDG est Gérard Unger (encarté au Parti socialiste), a refusé la mention “en soutien aux chrétiens d’Orient” sur une affiche visant à promouvoir un concert à leur profit, arguant dans un communiqué que Métrobus “prohibe toute publicité présentant un caractère politique ou confessionnel, conformément à l’obligation de neutralité du service public”.

Cette décision, bien que contestable sur le fond au vu du caractère humanitaire de la démarche consistant à organiser, dans la capitale, un concert en soutien aux chrétiens d’Orient, pourrait se justifier dans la forme tant les principes énoncés par la société Métrobus sont conformes à nos valeurs républicaines. Elle n’en a pas moins fait scandale. L’évêque de Gap, en la personne de Monseigneur Jean-Michel Di Falco, a vivement critiqué cette décision, estimant qu’en l’espèce le principe de la laïcité avait fait l’objet d’une interprétation excessive. Quelques hommes politiques avaient timidement relayé cette indignation, sans que cela ne dépasse le stade de la prise de position.

Ce scandale dont l’écho commençait à s’estomper vient de connaître un rebondissement, puisqu’en ce moment même, une pluralité d’affiches dans le métro parisien sont d’une laïcité relative. En effet, force est de constater que la neutralité qui incombe au service public n’a pas été faite de la même manière, s’agissant d’accepter la diffusion d’affiches publicitaires relatives à de la nourriture halal, avec la mention “Bon ramadan !”, lesquelles sont actuellement visibles dans le réseau du métro de Paris et d’Île-de-France.

Ce deux poids deux mesures montre à quel point, dans les faits, notre laïcité ne cesse de reculer au bénéfice d’une religion qui, paradoxalement, revendique justement son implantation dans l’espace public français “au nom de la laïcité”.

Il convient, au travers de cet exemple, de constater que la bienveillance avec laquelle nous acceptons ces entorses à cette valeur fondamentale qu’est la laïcité, propre à notre pays depuis 1905, ne peut avoir pour effet que de générer des tensions communautaires, ce que justement la loi sur la laïcité est censée éviter, surtout après avoir pris la décision de censurer la mention du caractère caritatif d’un concert catholique à quelques semaines d’intervalle !

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