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Culture - Editoriaux - Politique - Religion - Société - 15 juillet 2015

Laïcards, néo-païens, in-nocents, cathos zombies : « Chassez le christianisme et vous aurez l’islam ! »

L’appel de Tillinac « Touche pas à mon église », saugrenu par sa formulation et par ses signataires, et en traitant en potache un sujet grave, a eu le mérite de relancer un débat sur lequel Gabrielle Cluzel, Renaud Camus, Pierre Cassen ou Nicolas Gauthier se sont exprimés.

Face au simplisme de ceux qui expliquent tout par les discriminations, les inégalités et l’islamophobie, la droite des valeurs ne parle pas d’une même voix. L’islam progresse aussi par la faute de ceux qui pensent le combattre, ou qui ignorent les causes dont ils déplorent les effets.

Le problème n’est pas tant de remplir nos églises (Gabrielle Cluzel) ou de s’interroger sur leur valeur patrimoniale (Renaud Camus et Denis Tillinac) ou de fournir l’explication par une lecture littérale du Coran (Pierre Cassen) ou de préférer que les musulmans les occupent plutôt que Starbucks ou McDonald’s (Nicolas Gauthier).

Leurs mosquées sont pleines à craquer quand nos églises ne se rempliront plus jamais. Ils recrutent en vue du djihad et de la conquête musulmane quand nous avons à cœur d’expurger tous les restes de notre culture chrétienne.

L’islam est conquérant parce qu’il remplit un manque. L’islamisation est un effet de notre faiblesse, variable du reste, car en Bavière ou en Italie, on y résiste assez bien. L’évidence de la relation de cause à effet, Chateaubriand l’a comprise en visionnaire : « Chassez le christianisme et vous aurez l’islam. » Ceux qui combattent ou défendent mal le christianisme (encore des idiots utiles ?) ont favorisé l’essor de l’islam :

1) Il faut le redire haut et fort https://www.bvoltaire.fr/stephanbrunel/prendront-nos-eglises-ne-savons-defendre,187368, la laïcité est la voie détournée pour éradiquer notre identité chrétienne et islamiser le pays à marche forcée. Laïcards et athéistes (de type Michel Onfray) ont fait la guerre aux héritages chrétiens et se rendent compte, trop tard, que le roi est nu.

2) Idem avec les néo-païens (Alain de Benoist, Dominique Venner) qui, n’ayant trouvé de surhumain nietzschéen pour remplacer le christianisme émollient ni dans les mânes des mâles vertus antiques ni chez les fiers combattants de l’islam (« l’éternelle fascination des étroits d’épaule pour les barbares musclés », dixit Bringhelli) se retrouvent face à un champ de ruine.

3) Les soraliens qui usent d’un rappel incessant des crimes de l’Occident pour justifier la barbarie djihadiste toute parée de romantisme révolutionnaire, à moins que ce magma relativiste ne soit dû à la dive bouteille ou à une décadence de mœurs que Gauthier ne cesse de dénoncer par ailleurs.

4) Les in-nocents camusiens, ex-libertaires reconvertis en vertueux non-violents, trop précieuses ridicules pour jouer aux guerriers : « Quand une communauté se bat pour sauver sa peau – mur, église ou tombe de l’ancêtre -, elle ne lésine pas sur les moyens : la lutte est à mort » (Régis Debray).

5) Enfin et surtout, les cathos zombies de l’épiscopat français, des Bisounours et de la France bien élevée de la Manif pour tous et des « idées chrétiennes devenues folles » (Chesterton) n’ont pas saisi qu’on ne fait pas de politique avec de bons sentiments, surtout face à un Manuel Valls. En réduisant le christianisme à une croyance individuelle, on lui a enlevé sa dimension hétéronome de religion instituée.

Face aux valeurs marchandes de la société de marché et à l’ère des identités blessées ou perdues, la promesse islamique la plus fruste s’engouffre pour combler le vide laissé par un christianisme en déshérence. Il faut une chrétienté de combat, de moine-soldat, de chrétien d’Orient.

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