Editoriaux - Entretiens - Santé - Société - Table - 26 août 2014

L’adoption prénatale plutôt que la PMA

Nouvelle manif prévue le 5 octobre : la Manif pour tous est sur le qui-vive. Après l’adoption, c’est maintenant la procréation médicalement assistée (PMA) que la gauche compte ouvrir aux couples homosexuels.

Ce projet n’est pas un hasard. Le nombre de couples souhaitant adopter est en effet bien supérieur au nombre d’enfants adoptables.

Il y avait ainsi, en 2012, environ 2.000 enfants “adoptables”, alors qu’un stock de 24.000 adultes agréés était en attente d’adoption d’un enfant.

Pour la plupart des couples homosexuels, la PMA serait donc le seul moyen d’avoir des enfants.

Du point de vue de la Manif pour tous, l’ouverture de la PMA aux couples homos pose des problèmes similaires à celle de l’adoption : la PMA priverait l’enfant de son père biologique, alors que l’adoption le prive de la possibilité d’avoir un père (ou une mère) adoptif.

Mais même au-delà de la question homosexuelle, une des principales techniques de PMA, la fécondation in vitro (FIV), soulève de véritables difficultés éthiques. Cette technique implique, en effet, de procéder à la conception de plusieurs embryons pour pouvoir en implanter un dans l’utérus de la mère.

Les embryons non sélectionnés sont congelés et certains d’entre eux seront détruits à des fins d’expériences scientifiques.

Les avis sur la nature des embryons sont très partagés. Certains les considèrent comme des êtres humains à part entière, d’autres comme des “choses sacrées” (selon l’expression du professeur Denis Mazeaud), d’autres encore comme des “êtres vivants” (dixit Simone Veil).

Nul ne peut, en tout cas, prétendre sérieusement traiter un embryon humain comme une simple marchandise ni comme un simple matériau de laboratoire.

Il y a eu, en 2010, 140.000 tentatives de PMA (dont la moitié par FIV), et 220.000 avortements.

La lecture de ces chiffres impose une mesure de bon sens : remplacer la FIV par l’adoption d’enfants qui auraient autrement été avortés.

Cela pourrait se faire très simplement. Il suffirait de prévoir avant tout avortement un entretien obligatoire entre la femme enceinte et un couple souhaitant adopter, et de permettre l’adoption prénatale de l’enfant si la femme donne son accord.

Cette disposition ne serait, au fond, qu’une amélioration de la consultation sociale initialement prévue par la loi Veil. Cette consultation devait, selon les mots de Simone Veil, permettre aux femmes d’apprendre que “l’adoption éventuelle de leur enfant peut constituer une solution”.

Si l’on a peur que l’homophobie latente d’une grande partie des Français pousse une femme enceinte à avorter plutôt qu’à confier son enfant à un couple homosexuel, il serait possible d’aménager ce dispositif en créant deux entretiens obligatoires, dont l’un serait nécessairement avec un couple hétérosexuel.

L’adoption prénatale apporterait ainsi une solution pour la mère, pour l’enfant à naître, pour les couples sans enfant et – à supposer qu’on y soit favorable – pour les couples homosexuels.

Que demander de plus ?

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