Ainsi donc, va subir un énième examen d’« experts », c’est-à-dire de toubibs, ni plus ni moins faillibles que d’autres, pour savoir si son état est susceptible d’évolution positive ou non. Dans cette affaire, qui comme d’autres du même ordre est parfaitement douloureuse, on ne peut s’empêcher de ressentir un malaise.

Un des éléments de ce malaise consiste à vouloir faire en sorte que la loi règle un problème moral qui n’a – et n’aura – jamais de solution purement juridique. La Loi Leonetti a créé un cadre, équilibré et honnête. Il est difficile de faire mieux. Il est même dangereux de vouloir faire mieux. Une loi ne remplacera jamais les vertus nécessaires dans ces cas de figure. Surtout, la légèreté des euthanasistes frénétiques fait frémir. Leurs arguments sont du : « Tartempion était plein de vie, il n’aurait certainement pas supporté de vivre dans un état végétatif. » À ce compte-là, il faudrait euthanasier tous les bavards qui ont une extinction de voix.

Les eux-mêmes ne veulent pas dire grand-chose : ils concernent des gens questionnés dans la rue, qui expliquent benoîtement que, s’ils étaient contraints à vivre en fauteuil roulant, ils préféreraient en finir, ou « qu’on les laisse ou fasse partir », selon l’euphémisme à la mode. Qui peut douter que nombre d’entre eux changeraient d’avis s’ils étaient un jour dans une situation de ce type, invalides mais conscients, et même juste un peu conscients. Car cela veut tout de même dire cette chose énorme : vivant !

Le mensonge sur la notion de dignité couronne le tout. Un déporté de camp de concentration, épuisé, pesant 38 kg, avait-il moins de dignité que Göring, gros et gras ? Les invalides, semi-comateux, paralysés auraient-ils perdu leur dignité ? Parlons-en. Car justement, ce qu’essaient tous les geôliers des répressions nazies, communistes, occidentales, en Irak et ailleurs, c’est cela : « enlever leur dignité » aux prisonniers. Mais celui qui perd sa dignité n’est pas celui que l’on croit : c’est le tortionnaire. Que l’ soit un droit, j’en suis bien d’accord. Encore faut-il préciser de qui. De la personne concernée, pas de sa , pas de l’État, pas d’associations dont la légitimité est nulle. Pas des Verts- qui veulent nous faire croire que c’est une avancée sociétale alors qu’ils n’ont jamais rien compris à ce qu’était une .

20 février 2014

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