Vladimir a une idée fixe : remettre tôt ou tard la main sur l’ pour reconstituer l’Empire russe. Et c’est la raison pour laquelle il n’a guère prêté attention aux supplications du duo et Angela Merkel à Minsk d’arracher un accord de paix qui ne vaut pas mieux que le papier sur lequel il est écrit.

C’est qu’il n’a aucune raison de le faire. Ils n’ont “rien à lui vendre”, sauf une vague promesse de l’atténuation, voire la suppression des fameuses sanctions, dont on sait qu’elles ne servent pas à grand-chose. La seule chose qui pourrait – et encore… – le faire bouger serait la mise à exécution de la menace américaine de livrer des armes défensives à l’armée ukrainienne.

Ce qui explique la manœuvre de retardement de qui est d’autant plus au courant de la situation que c’est l’armée régulière russe, ayant mis le bas, qui est engagée sur ce champ de bataille, uniformes dégriffés compris. Pour le maître du Kremlin, le but est de gagner du temps pour créer sur le terrain une situation quasiment irréversible. Son objectif est clairement une Ukraine croupion partiellement occupée par la Russie. Cette dernière pourra, à terme, obtenir sous la menace russe le renversement du gouvernement ukrainien démocratiquement élu, ou tout au moins sa mise sous la tutelle russe.

À cet égard, ces atermoiements de Hollande et Merkel ne riment rigoureusement à rien, si ce n’est à faire gagner du temps, et du terrain, à l’armée russe. Et pourtant, les enjeux sont colossaux.

Si, par lâcheté, comme tout porte à le croire, l’Occident perd l’Ukraine qui appelle à l’aide, les conséquences seront clairement désastreuses pour l’, pour l’Union européenne, pour le couple franco-allemand et même pour les États-Unis. Car l’Amérique, humiliée, n’aura plus qu’à se retirer dans la forteresse américaine.

Il est fort à parier que Vladimir Poutine est parfaitement conscient de tout cela. C’est ce qui lui permet de s’aventurer sur ce terrain avec autant d’assurance. Car il peut espérer rafler sur un seul coup de dés ce que l’Union soviétique a été incapable d’obtenir en 60 ans de guerre froide : renvoyer l’Amérique sur le continent américain et placer, sans coup férir, l’ occidentale sous influence russe. Un rêve qui paraît désormais à sa portée. D’autant plus que la Russie dispose de solides alliés dans la place, comme les communistes à la veille de 1939.

Quoi qu’il en soit, Poutine a d’ores et déjà gagné avec une Ukraine mutilée et bientôt assujettie. Il aura aussi réussi, au passage, à mettre à mal le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et le principe de l’intangibilité des frontières établies depuis la fin du dernier conflit mondial. Pourquoi s’arrêter en si bon chemin ?

14 février 2015

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