Lorsqu’un peuple reconquiert sa souveraineté, sa capacité de choisir et de décider son destin, c’est toujours un moment d’émotion démocratique.

Effectivement, le choix a été très clair. L’intérêt national l’a emporté à près de 52 %, contre une Union européenne apatride et bureaucratique, contre les partis politiques divisés en eux-mêmes et incapables de dépasser leurs divisions, contre les malhonnêtes pressions politiques et médiatiques, contre l’illusion persistante du fédéralisme.

Le dossier de la campagne a été fortement et lucidement argumenté. Au-delà des aspects économiques, c’est le rejet d’une immigration massive, laxiste, encouragée par une Union européenne incapable de gérer le phénomène migratoire qui a constitué l’enjeu majeur du référendum et l’option de la sauvegarde de l’identité nationale.

La dignité et le courage du Premier ministre David Cameron, qui quitte son poste sans état d’âme, une fois sa mission accomplie, sont à l’image de la noblesse du peuple britannique. Une telle attitude doit être soulignée car elle contraste grossièrement avec la lâcheté plaintive de nos gouvernements, incapables de faire des choix et d’abandonner leur place en cas d’échec.

Et, maintenant, une nouvelle voie s’ouvre aux peuples européens, puisque le référendum britannique a démontré la priorité de l’État-nation au service du peuple. La responsabilité des gouvernements demeure très lourde.

Il est regrettable que la France, enfermée dans ses multiples impasses et contradictions, soit pour le moment dans l’impossibilité de peser sur les orientations stratégiques à prendre. Le seul avantage provisoire pour le serait peut-être de faire oublier quelque temps l’imbroglio lamentable de la réforme de la loi Travail. Certes, les Français ne peuvent pas compter sur Pierre Moscovici, commissaire européen donneur de leçons, ni sur leur ministre de l’Europe, Harlem Désir, qui a joué jusqu’à présent le rôle du muet du sérail, car il fallait bien lui trouver une place tranquille à la sortie du Parti socialiste.

La France va devoir attendre de reprendre ses forces, sa volonté, et sa fidélité au peuple, perdue de vue depuis la trahison du référendum de 2005. Il appartiendra à un renouvelé de retrouver la voie et la voix des pionniers fondateurs européens des années 1950.

Les pistes de travail apparaissent clairement à tous les citoyens épris de loyauté : l’État-nation au service et à l’écoute de son peuple ; la maîtrise de l’identité nationale, des moyens d’exprimer la volonté et les choix dans les domaines fondamentaux (finances publiques, réforme, emploi, immigration) ; proposer une nouvelle Union européenne appliquant le principe réaliste de subsidiarité et s’appuyant sur les États et les Parlements nationaux pour engager des politiques concrètes de coopération.

Désormais les yeux paraissent s’ouvrir subitement et les langues se dénouer, tandis que les médias découvrent enfin qu’ils ont contribué, depuis 2000, aux gouvernements qui ont trahi l’intérêt national au profit d’un pouvoir irresponsable à Bruxelles. Ils ont laissé, ainsi, se développer le divorce entre les institutions et les peuples, au profit d’une bureaucratie anonyme, sans légitimité démocratique.

Il est temps de ne plus parler de populisme mais plus simplement de patriotisme. La presse doit désormais cultiver la modestie pour laisser la parole aux citoyens.

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25 juin 2016

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