a été injurié et chassé de la place de la République alors qu’il s’était rendu là où se déroulent, si on écoute nos médias “objectifs”, les rassemblements citoyens de Nuit debout. L’insulte pavlovienne de “fasciste” lui a été jetée à la figure. L’auteur de La Défaite de la pensée, pourtant habitué au sectarisme de , agressif à son encontre depuis que la réflexion lucide l’a amené à des positions conservatrices sur certains sujets comme l’, a vécu une véritable Bérézina de l’intelligence. Comment de crétins formés par l’école de la République peuvent-ils étaler une intolérance aussi brutale ? Comment ne se rendent-ils pas compte que leur réflexe de rejet de “l’autre” leur donne le ridicule d’être plus “fascistes” que celui qu’ils excluent ?

Cet incident est doublement révélateur. Si l’on se permet d’être aussi grossièrement bête, c’est que l’on s’y croit autorisé. La complaisance des médias à l’égard des rassemblements de la place de la République en est grandement responsable. Le discours à son égard est soigneusement épuré de toute critique. Le mot stimulus positif “citoyen” qui qualifie les rassemblements les rend non seulement fréquentables mais estimables. Bref, il faut y aller pour retrouver ces jeunes qui vont refaire le monde, avec un réalisme et une méthode en tous points admirables. Ils n’ont évidemment rien à voir avec les casseurs qui partent cependant de leur lieu de réunion pour crier leur haine à la police et pour briser des vitrines. Mais “Pas d’amalgame” est le slogan privilégié de la bien-pensance politiquement correcte. Nuit debout, c’est bien. C’est sans doute pour cela que le gouvernement l’autorise malgré l’état d’urgence, les risques d’attentat et la certitude des dérapages qui mobilisent la police.

Les veilleurs et les veillées qui ont suivi les manifestations considérables contre le mariage unisexe n’ont pas eu droit à une telle . Pourtant, ces réunions, pleines de recueillement et de dignité, avaient une autre épaisseur humaine.

Sur 1, Jean-Marc Morandini a invité un “indigné” de la place de la République, un “jeune” étudiant et militant associatif, Louis de Gouyon Matignon, qui devait dialoguer avec le président du Parti libéral démocrate, Aurélien Véron. Si celui-ci a été clairement libéral, a défendu l’intention de la loi controversée sur le travail et a traité de “chèvres” les “citoyens” debout jusqu’à l’aube, l’autre, qui n’avait pas de kalachnikov, a cru devoir remplacer celle-ci par une logorrhée dont le débit était celui d’un pistolet-mitrailleur. On a compris qu’il vomissait les banques, le capitalisme, le et les politiciens ou, comme on dit pour être “plus” précis, le système. Son projet ? Une rafale de slogans d’un réalisme ahurissant, la décroissance, l’écologie, le logement pour tous, le salaire universel, l’accès à la santé et à la culture…

Lorsqu’on lui demande s’il condamne la violence, il s’enferre en justifiant certaines destructions mais pas d’autres, certaines violences mais pas toutes. Le tout est saupoudré de mots émotionnels, histoire de se rendre sympathique : précarité, souffrance, etc… sans, bien sûr, qu’aucune réponse soit apportée à ces questions.

Le militant gauchiste a beau être ridicule, il est aussi inquiétant : le résultat d’un endoctrinement, incapable de la moindre réflexion, et ressortant mécaniquement la pensée prémâchée qu’il a avalée. Elle l’enferme dans une vision étroitement manichéenne de notre pays, raciste, discriminant, et où les policiers devraient être d’autant plus respectables qu’ils sont issus de minorités. Place de la République, c’est Finkielkraut qui a été “évacué”, et par des “jeunes”, ces jeunes qui par définition manquent de réflexion et d’expérience, ce qui en a toujours fait la proie de tous les totalitarismes. Arrêtons de les idéaliser. La raison n’a pas d’âge. Il dépend de l’éducation qu’elle n’arrive pas trop tard…

18 avril 2016

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