Longtemps, j’ai dormi de bon cœur dans le train. La coûtait cher au contribuable, c’était un bastion syndical, un repaire de la gauche, mais patriarcale et compétente, en gros. Nous avions les trains les plus rapides et les plus sûrs du monde, ils arrivaient à l’heure, et ma maman, avec ses huit enfants, voyageait sans se ruiner. Cette entreprise antédiluvienne et moderne n’était pas seulement nationalisée, elle était nationale.

Puis est venu l’âge des réformes. Comme à l’Éducation nationale. Et les mêmes les ont menées. Des crânes d’œuf idéologues. Et le résultat est le même : un désordre innommable, du fric dépensé en pagaille, la baisse du niveau et l’échec structurel. On a saucissonné la boîte en deux, avec la création de Réseau ferré de France, on s’associe avec des privés, mais le contribuable ne fait pas d’économies et les sandwiches sont toujours aussi chers. C’est le tonneau des Danaïdes. Les tarifs sont amicaux pour les familles recomposées et les homosexuels, mais l’usager moyen est reçu à coups de bambou.

Le dernier en date des PDG apprentis sorciers, Guillaume Pepy, est encore plus nul que feu son compagnon, le directeur de Sciences Po défenestré Richard Descoings. Il multiplie les emplois- pour guider des voyageurs qui n’en ont pas besoin le jour des vacances, mais déshabille les services utiles. Ainsi la sécurité n’est-elle plus assurée, pour la première fois de l’histoire de l’entreprise. Et ce polytechnicien réussit l’exploit de réduire considérablement le personnel tout en augmentant tout aussi considérablement la masse salariale !

Et puis sa dernière trouvaille va trop loin. Dans ses annonces et ses documents, “la SNCF” se dénomme désormais “SNCF”. Ce grand serin vient ainsi de franchir une limite qui devrait faire se dresser l’Académie française. La est la nationale des chemins de fers (français) : SNCF n’est l’acronyme d’aucune expression grammaticalement correcte. Pepy, tu m’emmerdes grave : tu as le droit de nous ruiner puisque l’État et ton conseil d’administration te le permettent, tu as le droit de faire dérailler les trains, puisque nulle notion de l’honneur ne t’a soufflé de démissionner, mais tu n’as pas le droit de massacrer la langue française, qui est celle de la République qui te nourrit. Dégage, ou tu finiras entarté !

22 avril 2016

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