Editoriaux - Histoire - Presse - 8 février 2015

La République est-elle une valeur française ?

Avez-vous remarqué que nos politiciens ne parlent plus de “démocratie” mais de “République” ?

C’est que la « démocratie » a pris du plomb dans l’aile ces derniers temps : pressions, répressions à l’encontre de ceux qui n’ont pas participé à la grande parade des Charlie, à l’encontre de nos journalistes rebelles, de nos familles qui ont défilé par millions, elles aussi, et même, en 2005, à l’encontre du peuple français tout entier qui s’est exprimé « démocratiquement » lors d’un fameux référendum sur l’Europe. C’est que la démocratie va chercher ses racines dans des temps trop lointains pour des Français déculturés : la Grèce antique, à l’époque où le peuple pouvait gouverner par lui-même. Tiens, comme en Suisse : quel mauvais exemple, ces Suisses, pour des Français ou Européens qui voudraient les imiter ! Ou encore ce beau pays qu’est l’Islande, qui n’hésite pas à mettre ses banksters en prison !

Ah, la République, c’est mieux ! Nos socialistes se revendiquent descendants directs des Robespierre, Saint-Just ou Marat, ces idéologues fanatiques dont l’utopie révolutionnaire a conduit la France et le monde dans une aventure sanglante. C’est que ces gens sont à l’origine des droits de l’homme, et les créatures des intellos qui ont fait passer la France de l’ombre aux Lumières !

Certes, la République, « État qui se proclame démocrate », était vertueuse dans l’Antiquité romaine. Mais la République française, elle, est-elle une valeur transcendante de la France, de celles qui fondent une nation, qui lui créent une fierté et une raison de la proclamer ? Non. De par le fait même de ses origines, et du peu d’empressement des politiciens qui ont eu ensuite à la gérer, à en faire un modèle de vertu. La France n’est pas née en 1789, et sa réputation de raffinement, de savoir-vivre et de savoir-faire ne lui viennent pas de la Révolution mais des siècles d’histoire qui façonnent l’identité d’un peuple et son attachement à un sol ; les Français qui se sont identifiés à Charlie-Hebdo, symbole de la vulgarité et de l’abjection scatologique, y ont-ils pensé ?
Non, ils ont cru participer à l’indignation générale contre la barbarie de ces terroristes islamistes, fanatiques sectaires plus que religieux, coupeurs de têtes, destructeurs de patrimoine (bouddhas de Bâmiyân), et même du leur (mausolées de Tombouctou, bibliothèque de Mossoul), génocidaires de chrétiens ou de yazidis.

En même temps, ils n’y ont pas pensé non plus, nos Charlie, mais ces socialistes « républicains » qui les ont invités à défiler trouvent leur modèle chez des barbares sectaires, terroristes eux aussi (la Terreur révolutionnaire), coupeurs de têtes eux aussi (des dizaines de milliers de Français guillotinés), destructeurs de leur propre patrimoine eux aussi (châteaux, églises, œuvres d’art du patrimoine français détruits), génocidaires eux aussi, du peuple vendéen, parce que chrétien et fidèle au roi. Non, décidément, cette République-là n’est pas un modèle.

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