Dans sa campagne « stop-djihadisme », le gouvernement ne s’est pas contenté d’un clip vidéo ridicule, il a également publié un dessin qui représente un petit lapin effrayé vêtu d’un tee-shirt rose sur lequel est écrit : « djihadisme ». Un spot l’éclaire et projette derrière lui l’ombre d’un monstre.

Pourtant, personne d’autre que Laurent Fabius n’a fait semblant de croire un jour que le « djihadisme » était un combat propre, un idéal noble et un concept aussi inoffensif qu’un lapinou.

À la guerre, on meurt. Sans blague.

Ces « jeunes » le savent et partent malgré tout. Pourquoi ? Parce qu’ils poursuivent un idéal. Ils ne fuient pas l’islamophobie, ils veulent combattre un Occident décadent qu’ils haïssent. Ils ne fuient pas la misère péri-urbaine, ils suivent un « prophète » qui leur a laissé des repères, des milliers d’interdits, et qui ne leur demande pas d’aimer leur prochain mais de craindre un dieu vengeur. Alors, ils se transforment en chevaliers des ténèbres et vont commettre l’impensable avant de revenir ici, défendre « Allah » contre les mécréants.

Le combat contre ces fanatiques, s’il était correctement mené, devrait être double.

-La forme imposerait que l’on interroge honnêtement la politique d’immigration massive, que l’on donne aux forces de l’ordre les moyens de sécuriser, que l’on redonne à la justice les moyens de ne plus trahir son nom.

-Le fond du débat imposerait, surtout, que l’on dénonce la violence contenue dans certains textes islamiques et que l’on se demande comment étancher cette soif d’absolu qui prend parfois les formes d’une guerre ignoble.

La réponse ne peut donc être que spirituelle.

Le vocabulaire de la riposte politico-médiatique prouve d’ailleurs que tout le monde l’a compris. John Kerry parle des victimes comme de "martyrs de la liberté". Claude Bartolone déclare : "Regardez le temps qu'il a fallu pour faire accepter à la religion catholique le fait qu'il y a une religion suprême pour chacun d'entre nous : c'est la religion de la République." Najat Vallaud-Belkacem trouve "insupportable" que des élèves, "même là où il n’y a pas eu d’incidents", demandent "pourquoi défendre la liberté d’expression ici et pas là ?"

La République a donc bien ses dogmes, ses prêtres, ses rites, ses commandements et ses interdits, elle est une religion qu’aucune liberté d’expression n’a le droit de remettre en cause.

On n’évacue pas le besoin de sacralité, on le déplace.

Mais cette religion républicaine a-t-elle le pouvoir d’étancher la soif d’absolu qu’elle a justement contribué à creuser dans ceux qu’elle ose maintenant appeler ses « enfants » égarés ? On peut légitimement en douter.

La laïcité brandit ses idoles pour combler le vide atroce qu’elle a fait naître dans le cœur de l’homme. Mais ces idoles sont impuissantes. À des jeunes prêts à tuer et mourir pour « Allah », la République répond que la mort est laide, elle qui est incapable de trouver un sens à la souffrance ou à la mort précisément parce qu’elle refuse l’idée même de transcendance. Elle qui tente par tous les moyens de les nier, de les cacher ou de les supprimer.

L’horreur du djihadisme devient un petit lapin. Le scandale de l’euthanasie un petit ourson.

Leur République prétend être une réponse alors que sa religion n’est que le pendant matérialiste d’un fanatisme islamique qui n’a pas compris, lui non plus, bien que différemment, que la réponse à la souffrance pouvait être l’amour et la vie, et non la mort.

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1 février 2015

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