Editoriaux - Politique - Presse - Religion - Santé - 4 août 2016

La psychiatrie, une science à géométrie variable ?

L’auditeur-(é)lecteur-consommateur d’informations comprend fort bien que les temps colportent de ces nouvelles maladies, dont cette épidémie de nature psychiatrique, qui semblait toucher spécifiquement les originaires de certaines régions données du monde, principalement l’Afrique du Nord, le Moyen-Orient, ou des contrées comme le Pakistan, l’Afghanistan.

Quelle mouche ou moustique les y pique donc pour que, si régulièrement, ils achèvent ou cherchent à achever l’infidèle au couteau, à la voiture, au camion, au fusil mitrailleur, à la ceinture explosive ou à la machette ? Et pourquoi cette mystérieuse maladie ne touche-t-elle (à quelques criminelles exceptions près) que les pratiquants d’une religion donnée, une religion de paix et d’amour, souffrant par ailleurs en nos contrées d’un fort sentiment de rejet (imaginaire ou non) discriminatoire et de xénophobie ?

Mercredi soir, 3 août, à Londres, un jeune homme a ainsi tué une personne et en a blessé cinq autres au couteau. Les premiers éléments de l’enquête laissent entendre que « la santé mentale jouerait un rôle significatif dans cette affaire », selon le commissaire adjoint de la police métropolitaine de Londres (le mystérieux moustique, donc).

D’habitude toujours ravies de pouvoir dédouaner avec empressement la responsabilité du politique, les instances enquêtrices n’excluent toutefois pas la piste terroriste. Toujours selon le même journal (lematin.ch), « interrogée sur les éléments conduisant à envisager une attaque terroriste, une porte-parole de Scotland Yard s’est toutefois refusée à tout commentaire ». Las : trop habitué au numéro contorsionniste-sémantique-frénétique-médiatique ambiant, l’auditeur-(é)lecteur-consommateur d’informations parierait (entre les lignes) que la seule explication restante doit être de nature « ethnique » ou en lien avec « l’origine géographique » du malade mental. Nous verrons dans les heures ou les jours qui viennent.

Libération livre, toutefois, une explication moins ethno-xénophobo-religio-ciblée. Le virus transmetteur du délire psychiatrique ne connaîtrait nulle frontière de race, d’âge, d’ethnie, de couleur de peau ou de religion. Citant un entretien de Clint Eastwood dans le magazine Esquire, l’acteur y affirme préférer Trump à Clinton et fustige la « génération mauviette » (« p*ssy generation ») Diantre ! Extraits : « Donald Trump tient quelque chose, car en secret tout le monde commence à en avoir marre du politiquement correct, de faire de la lèche. On est en pleine génération lèche-cul, maintenant. On est vraiment dans la génération mauviette […] Dur choix, pas vrai ? Il faudra que je vote Trump, parce que Hillary Clinton a dit qu’elle suivrait les pas d’Obama […]. »

Conclusion de l’article signé Alexandre Hervaud : « On ne sait si le journaliste d’Esquire a coupé certains propos d’Eastwood permettant de trouver un brin de logique entre ses raisonnements ou si les années commencent à faire leur effet sur l’un des plus grands acteurs et cinéastes contemporains. » Comme l’homme de Londres, il ne maîtriserait plus son mental ! Mais n’oublions pas, comme disait Prévert dans je ne sais plus lequel de ses poèmes (de mémoire), que « le monde mental ment monumentalement ».

Dernière minute : selon le journal néerlandais De Telegraaf, l’assassin de Londres serait un Norvégien… d’origine somalienne. On l’aurait parié.

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