Editoriaux - Le débat - Santé - Société - Sport - Table - 2 février 2013

La pilule tue ? Les avions et les trains aussi…

La pilule Diane 35 a, de source officielle, provoqué la mort de quatre femmes depuis 1987. Quatre morts en 25 ans ! C’est peu ? Oui ! C’est trop ? Oui !

Je lis sous la signature d’Altana Otovic qu’on a menti aux femmes, que les laboratoires pharmaceutiques les ont trompées et que – argument qui mérite réflexion – on ne peut impunément trafiquer la nature du corps humain. C’est incontestablement ce que fait la pilule, empêchant l’ovulation naturelle. Altana Otovic est assurément plus qualifiée que moi pour parler du corps féminin. Mais comme elle, je connais les chiffres des décès imputés à Diane 35. J’en connais d’autres aussi.

Avant 1975, c’est-à-dire avant la loi sur l’IVG, on mourait suite à des avortements clandestins. Selon des estimations, environ 50 femmes périssaient chaque année entre les mains maladroites des avorteuses et des avorteurs. 1 50 par an. Pas quatre en 25 ans. La pilule légalisée, difficile de le nier, a sauvé des milliers de vies.

Plus globalement, le débat autour de la pilule pose une question sur le rapport de nos sociétés à la mort. On meurt aujourd’hui autrement qu’on mourait il y a un siècle. On meurt dans des accidents de train beaucoup plus que dans une diligence renversée. On meurt dans des avions qui s’écrasent au sol beaucoup plus que dans des chutes de vélocipède. On meurt de la pilule beaucoup moins (cette fois-ci) que par les avortements illégaux.

La mort n’est plus acceptée. Elle nous fait horreur, elle qui pourtant est dans la nature des choses. C’est pourquoi le principe de précaution est devenu un absolu philosophique. On renforce sans arrêt les mesures de sécurité concernant les transports ferroviaire et aérien. On multiplie aussi – pourquoi l’oublier ? – les contrôles concernant les produits mis sur le marché par les laboratoires pharmaceutiques. Et à ce propos, signalons que les effets secondaires, et donc les dangers, de Diane 35 sont clairement indiqués sur la notice qui accompagne cette pilule.

On peut évidemment, pour des raisons de foi ou de santé, refuser le confort – faire librement l’amour – que procure la pilule. La chasteté est une méthode tout à fait efficace et sans risque. Si on voulait bien la mesurer, la longévité des bonnes sœurs témoignerait en ce sens. Une autre solution se profile à l’horizon, étudiée, hélas, dans les mêmes maudits laboratoires : la pilule pour hommes. Elle sera un jour en vente. Quelques hommes en mourront. Cela fera autant de vies de femmes sauvées. En attendant, on peut toujours organiser une grande manifestation consensuelle pour crier : « À bas la mort ! » Affluence garantie.

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Notes:

  1. Ces estimations ne sont, il est vrai, pas très catholiques. Elles émanent du Comité protestant évangélique pour la dignité humaine, hostile par ailleurs à l’avortement.

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