Culture - Editoriaux - Education - Politique - 10 mai 2013

La ministre des Universités ne pense pas français, mais City…

Madame Fioraso, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, souhaite qu’à l’université des cours soient donnés en anglais afin d’attirer plus d’étudiants étrangers.

La levée de boucliers provoquée par cette annonce lui a fait dire, le 30 avril, que l’emploi d’une langue étrangère sera autorisé uniquement « dans un cadre bien précis, pour un public bien ciblé », et que cela concernera « moins de 1 % des cours ». Le problème, c’est qu’auparavant elle ne parlait pas de cette restriction à 1 % mais, plus brutalement, de l’abandon des restrictions prévues par la loi Toubon.

Madame Fioraso n’en rate pas une ! Le 18 avril, elle s’était emportée contre les « dommages causés par la politique xénophobe du précédent gouvernement », avant d’ajouter : « En abrogeant l’infâme circulaire Guéant, […] le gouvernement a fait œuvre de salubrité publique. »

Diable ! Cette circulaire [PDF] dit-elle qu’il faut torturer, voire fusiller les étudiants étrangers qui n’obtiendront pas leur diplôme ? Non. Elle précise simplement qu’en raison du nombre important de chômeurs, il faut d’abord donner du travail aux étudiants français. Effectivement, c’est « répugnant » !

La même ministre a également déclaré : « La France repliée sur elle-même, c’est une France qui dépérit. La France qui s’ouvre, c’est une France qui se renforce. » Bref, nous sommes tellement nuls et stupides que, livrés à nous-mêmes, nous dépérissons. Il faut donc d’urgence nous mettre sous perfusion des forces vives extérieures.

Madame Fioraso se souvient-elle que, au cours des siècles passés, la France pourtant livrée à elle-même a produit ce qu’on appelle encore aujourd’hui sa très riche culture ?

En réalité, le gouvernement auquel elle appartient veut faire venir plus d’étudiants étrangers parce qu’il est bien incapable de retenir les siens, en partance pour le Québec, l’Australie, ou ailleurs encore.

L’anglais, cher à madame Fioraso, est la langue du capitalisme mondialiste, de la finance, du marketing, du fric, et encore du fric. Ce fric qui a besoin d’abêtir par la déculturation pour transformer le monde en un immense centre commercial et de loisirs.

Si on arrêtait de déprécier la France, sa culture et son identité, les meilleurs étudiants du monde s’y précipiteraient et se battraient même pour y suivre des cours… en français.

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