Economie - Editoriaux - 17 juin 2019

La meilleure ennemie de la Macronie : la macroéconomie

D’après l’économiste Jean-Luc Ginder, une crise financière majeure est à venir, une crise dont la déflagration serait bien pire que celle de 2008 (édito publié par Le Huffington Post, le 14 juin). Au bout du compte, la dernière crise du crédit a été maîtrisée par encore plus de crédits. Par conséquent, la chute des particuliers (les « subprimes ») sera la cause de celle des États. Conformément aux prévisions du prix Nobel d’économie de 1974, Friedrich Hayek, l’intervention systématique des banques centrales dans l’économie ne fait que nourrir la demande au détriment de l’offre : une spirale inflationniste qui amène le marché à sa perte (contre les théories de John Maynard Keynes), et ce, même si le marché déteste l’angoisse, l’incertitude étant sa seule attitude.

En septembre 2018, Jean-Claude Juncker (l’actuel président de la Commission européenne) avait déclaré : « Il est absurde que l’Europe paie plus de 80 % de sa facture énergétique, qui s’élève à 300 milliards d’euros par an, en dollars américains, alors que 2 % seulement de nos importations d’énergie viennent des États-Unis. » » Et, selon un article de L’Opinion (de janvier 2018), le FMI estimait que le dollar représentait 64 % des avoirs des banques centrales. En outre, la Réserve fédérale (la banque centrale des États-Unis) détenait, en août 2016, plus de 8.000 tonnes d’or, autrement dit la plus grande part des réserves mondiales du précieux métal (malgré la désindexation du dollar sur l’or décidée par Nixon, en 1971). De fait, l’or reste et restera la seule valeur refuge. Néanmoins, le point fort, comme le point faible, des échanges est leur volatilité. Ce n’est le lieu ni des vertus, ni des belles âmes. Comme le souligne La Rochefoucauld, « les vertus se perdent dans l’intérêt comme les fleuves dans la mer ».

En dépit d’un keynésianisme retrouvé (selon le discours de politique générale tenu la semaine dernière), le Président Macron encourage, en France, la création de start-up (lorsqu’il conseillait le Président Hollande, il était à l’initiative du crédit d’impôt compétitivité emploi), tandis que Trump tente de sauver l’activité industrielle américaine, prise en sandwich entre le lobby numérique (de la Silicon Valley) et le lobby financier (de Wall street). Dans tous les cas, les spéculations internationales se traduisent dans les élections nationales : ce n’est pas la Macronie qui est responsable de l’effondrement de la droite française, mais les fondements de cette dernière en eux-mêmes (depuis les dernières élections européennes). Une authentique métaphysique des flux… Macron et ses emprunts à taux zéro ne feront que précipiter la dette publique française dans le rouge (plus de 2.300 milliards d’euros à ce jour). D’après la même logique, la dette publique italienne risque de sonner le glas de la totalité de la zone euro.

Répétition de l’Histoire (économique) oblige, le Veau d’or finira par être renversé par les vieilles tables des valeurs : la revanche des vertus contre les intérêts. Parce que l’idole finit toujours par se retourner contre ses idolâtres.

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