Quand je ne sais pas, j’ouvre un dictionnaire, une encyclopédie, ou je recherche sur Internet.

J’ignorais l’existence de , n’étant pas adepte des logorrhées radiophoniques ressassant quotidiennement la doctrine de la bien-pensance, dignes héritières de Radio Paris.

Marion Ruggieri officie sur Europe 1.

Pour beaucoup de mes coreligionnaires, l’enquêtrice Ruggieri est sortie de l’anonymat le 9 avril dernier en questionnant Saphia Azzeddine au sujet de la lapidation : « Et vous racontez d’ailleurs que [la lapidation] a été inventé par les chrétiens, hein, que c’était une vielle tradition chrétienne. »

L’employée Ruggieri ne connaît pas le Nouveau Testament. Quand il est possible de devenir ministre de la Culture sans disposer du moindre échantillon de cette culture, que peut-on attendre d’une speakerine d’Europe 1 ? Ruggieri n’allait pas nous citer Jean, chapitre 8, versets 3-11, mais elle aurait pu avoir entendu parler de Jésus empêchant la lapidation de la femme adultère, elle aurait pu avoir ouï l’expression « Que celui qui n’a jamais péché lui jette la première pierre ».

En quelques clics, la préposée au 15 h d’Europe 1 aurait pu apprendre que la lapidation était déjà pratiquée en Grèce au VIIIe siècle av. J.-C., et que les chrétiens se faisaient plutôt rares, voire très discrets, durant les siècles précédant la naissance de Jésus-Christ.

Plus tard, les chrétiens furent les victimes de la lapidation, tel saint Étienne qui, avant de désigner un club de football, fut le premier martyr chrétien. Aujourd’hui, le Nigeria, l’Arabie saoudite, le Soudan, l’Afghanistan, le Pakistan, les Émirats arabes unis, le Yémen et quelques autres pays pratiquent encore la lapidation. J’informe l’apprentie d’Europe 1 que ce n’est pas par tradition chrétienne.

Europe 1 a donc diffusé « l’imputation d’un fait qui porte atteinte à l’honneur ou à la considération des personnes auxquelles le fait est imputé » et, facteur aggravant, il s’agit de diffamation publique « envers un groupe de personnes à raison de leur appartenance à une religion déterminée ». Il est évident que cela ne restera pas impuni, j’ai confiance dans la justice de mon pays.

Si, d’aventure, demain, des chrétiens déterminés lapident ladite Ruggieri Marion, il est certain que politiques et médias exigeront le « pas d’amalgame » car « les chrétiens sont les premières victimes du fanatisme chrétien », puis lanceront une campagne de lutte contre la christianophobie et, enfin, proposeront la construction d’églises. Quant à moi, je condamnerai avec la plus grande fermeté et je me joindrai à une marche sous la bannière « Je suis Marion » (Ruggieri, s’entend).

J’ai confessé mon ignorance quant à la biographie de l’auxiliaire Marion Ruggieri. Fidèle à ma remarque liminaire, j’ai comblé cette lacune en consultant Wikipédia : « Marion Ruggieri est une journaliste française, fille d’Ève Ruggieri. Elle présente, depuis 2011, l’émission “Il n’y en a pas deux comme elle” sur Europe 1. »

À l’instar de Marion Ruggieri, ce résumé est suffisant. Mais il était nécessaire.

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