Contrairement à ce qui est souvent affirmé ces derniers temps, la n’est pas une valeur en soi mais un principe de séparation entre les religions et l’État dont on peut trouver l’origine dans cette réponse du Christ à une question piège des pharisiens sur l’impôt : « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. » C’est si peu une valeur universelle qu’il n’y a pas vraiment de mot correspondant dans d’autres langues comme l’anglais ou l’allemand, langues pourtant parlées dans des pays autant, sinon plus démocratiques que le nôtre comme les USA, l’Angleterre ou l’Allemagne.

Historiquement, on peut voir les lois sur la de 1905 comme un moyen de calmer le jeu dans les tensions entre l’Église catholique et l’État qui ont marqué le XIXe siècle en se fondant sur un principe de la République « qui ne reconnaît aucune religion ». Or, comme en matière de journalisme où, malgré ses prétentions à l’objectivité, un éditorialiste s’efforce dans le meilleur des cas d’être honnête mais n’est jamais vraiment neutre et défend un point de vue, l’État républicain non plus n’est pas souvent neutre.

Si l’on prend une définition large de la religion, mot issu du latin religere, comme ce qui relie les membres d’une communauté autour d’une vision commune du monde (la Weltanschauung de Max Weber), laïcs ou pas, nous sommes tous religieux au sens où nous défendons tous une certaine vision du monde.

Ainsi, on pourrait dire que l’école reste neutre en matière d’enseignement de la sexualité tant qu’il s’agit de la sexualité des souris. Mais s’il s’agit de promouvoir la promiscuité sexuelle par le biais de la distribution de préservatifs et d’encouragements à l’avortement auprès d’adolescents ou d’enseigner la théorie du genre chez des enfants, c’est bien une vision spécifique de l’homme, de la sexualité et du mariage que l’on promeut et non la neutralité.

On pourrait parler d’histoire, de la façon dont on enseigne l’Ancien Régime, la répression en Vendée ou la Terreur révolutionnaire et l’on verra que la neutralité affichée est mise à mal dans les manuels scolaires comme dans les cours et que l’on a affaire à des opinions, allant de celles qui glorifient les « grands ancêtres » révolutionnaires à celles qui idéalisent l’Ancien Régime.

De même quand on enseigne l’évolution des espèces, si l’on en profite pour promouvoir une vision du monde athée, expliquant que cette théorie montre que tout est le produit du hasard et de la nécessité, pour reprendre les mots d’un prix Nobel français, alors on a quitté la neutralité scientifique et l’on défend une forme de matérialisme athée.

Au lieu de reconnaître simplement qu’il n’y a pas de neutralité en matière de valeurs et donc d’éducation, les tenants d’une bornée avancent masqués en promouvant leurs idées au nom d’une neutralité supposée de l’État. Le tout est de le savoir et de les démasquer en dévoilant les a priori idéologiques dissimulés derrière une laïcité aux contours mal définis.

20 février 2015

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