Les faits se sont déroulés le vendredi 5 février dernier, à Montpellier. Mais il s’en passe de similaires chaque jour en France. Alors que les enquêteurs de la sûreté départementale de l’Hérault étaient parvenus à arrêter deux hommes âgés de 22 et 32 ans, étrangers et sans domicile fixe, suspectés d’au moins 35 cambriolages, la Justice les a aussitôt remis en liberté après les avoir mis sous contrôle judiciaire.

Sur le plan du droit, bien entendu, rien à redire. Les deux intéressés, au cours de leur comparution immédiate, et sans doute bien conseillés, ont demandé un report d’audience pour préparer leur défense. Ce délai leur a été accordé et une nouvelle date de jugement a été fixée pour le mois d’avril prochain.

Le tout est maintenant de savoir si ces deux cambrioleurs patentés seront présents lors de cette nouvelle audience. Il y a fort à parier que non. En effet, étrangers et sans doute en situation irrégulière. Qui plus est sans domicile fixe. Ces deux énergumènes, qui ont écumé la région et détroussé un nombre considérable de victimes, auraient en effet bien tort de se plier aux règles du jeu judiciaire. Une fois de plus, l’exemple est donné d’un système qui non seulement méprise les victimes mais, en plus, s’assoit sur des mois de travail des services de .

La France compte, en moyenne, 830 cambriolages chaque jour ! Et les taux d’élucidation, malgré un important travail d’enquête systématiquement réalisé par les policiers et les gendarmes, peinent à dépasser les 10 %. Ce difficile combat mené par les forces de l’ordre fait donc du vol par effraction une des infractions les plus redoutées par les Français.

Régulièrement en hausse, ce type de méfait ne cesse d’évoluer malgré le développement de la police technique et scientifique. Souvent le fait d’individus de passage particulièrement aguerris à l’exercice, ils laissent en général peu d’éléments susceptibles d’orienter les recherches et d’aboutir à des arrestations. Par ailleurs, ce genre d’infraction s’abat souvent sur un quartier, voire une ville entière, et contribue largement à l’explosion du fameux sentiment d’insécurité.

Les policiers montpelliérains ont donc de quoi être en colère. En quelques minutes, seulement, c’est le travail de plusieurs mois d’enquête que la Justice vient de réduire à néant, puisque aucune sanction n’interviendra et que, rapidement, nos deux crapules pourront reprendre leurs activités criminelles. Et il faudra, sans doute, attendre encore quelques années pour qu’à nouveau interpellés pour des faits similaires, ils puissent être confondus par leur ADN ou leurs empreintes et, cette fois ci, peut-être condamnés… à une peine avec sursis et une mesure d’expulsion (décidée par l’autorité administrative) qui ne sera jamais appliquée.

Voilà l’exemple type de ce qu’est le quotidien de nombreux policiers. Et, n’en déplaise à certains syndicats de police, ce n’est pas le «  » qui apportera des réponses adaptées. Les solutions, elles, sont pourtant connues. Augmentation des places de prison. Incarcération automatique en cas de pluralité d’infractions dans l’attente du jugement. Retour des peines-planchers. Expulsion systématique des étrangers à l’issue de leur peine. En attendant cette petite révolution judiciaire, il n’y a plus qu’à se barricader !

7 février 2021

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