La Grèce menace d’ouvrir les vannes de l’immigration sur l’Europe !

La Grèce est une fois de plus sur le devant de la scène. On ne dira jamais assez combien on doit à la patrie des arts, aux inventeurs de la démocratie, de la philosophie et des mathématiques occidentales. Mais avant tout aux inventeurs de la comédie et de la tragédie. Il semble, d’ailleurs, que le gouvernement grec ait redécouvert la littérature antique : après les déclarations gonflées de vide et de lyrisme d’un Tsípras qui rejetait l’Europe en Grèce pour se pencher la ramasser à Bruxelles, je croyais que la comédie touchait à sa fin. Mais voici qu’un nouvel acte a débuté, avec le matamore ministre de la Défense Pános Kamménos.

Celui-ci a menacé Bruxelles non pas de la vaillante armée grecque (une des plus chères d’Europe par rapport au PIB) mais d’une invasion autrement plus pernicieuse, car nos propres lois nous obligent à la subir : « Si l’Europe nous lâche en pleine crise, on l’inondera de migrants, on leur distribuera des papiers valides qui leur permettront de circuler dans l’espace Schengen. »

La Grèce, on l’oublie trop, a souvent été l’avant-garde du monde chrétien contre l’Orient islamisé. Rempart de l’Europe face aux Ottomans, ses nombreux sacrifices ont enrichi la littérature romanesque du XIXe siècle et l’on vit même des poètes comme Byron aller combattre et mourir aux côtés de la nation martyre. Et ce bouclier tourné face à la Turquie, ce bouchon sur la mer Égée, voici que les Grecs, dans la démesure (ou devrais-je dire l’hybris) qui caractérise leur héros, menacent de le faire sauter. Un acte d’une telle ampleur, une réponse aussi destructrice seraient bien dignes de la folie bornée d’Achille.

Quels enseignements en tirerons-nous ? Tout d’abord que les Grecs sont bien à la hauteur de leur histoire, de leur culture et de leur théâtre. Ensuite, cette bombe que les Grecs menacent de faire sauter, tous les pays de Schengen l’ont : si les Hellènes se servent de leurs immigrés turcs, les Espagnols pourraient nous menacer des Marocains, les Italiens des Éthiopiens…

Mais pour moi, le plus significatif est que l’immigration est devenue une arme à part entière, elle est brandie comme une menace, un défi, par un ministre de la Guerre. Schengen n’est plus cet espace de convivialité et d’entraide que nous vantaient nos élites, mais une arme tournée contre les nations signataires de ce traité néfaste. « Ainsi, la marée humaine pourra se rendre sans problèmes à Berlin. Et tant mieux si, parmi ces migrants, se trouvent des djihadistes de l’État islamique… »

Ce ministre a suffisamment bien décrit le cheval de Troie que nous avons fait entrer. Comme dans l’Odyssée, nous avons abattu nos murailles (nos frontières) pour lui faire de la place. Comme dans l’Odyssée, nous avons imposé le silence aux Cassandres. Mais nous avons encore une chance d’éviter le sort des Troyens : les élections qui approchent nous offrent la possibilité de rejeter ce cheval à la mer. Utilisons une autre arme que les Grecs ont léguée au monde : la démocratie et le vote.

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